Quand vous êtes mort et que quelqu’un crie « Debout là-dedans, c’est l’heure de se lever », c’est difficile d’enfiler ses pantoufles.
ÉcrivainQuand vous êtes mort et que quelqu’un crie « Debout là-dedans, c’est l’heure de se lever », c’est difficile d’enfiler ses pantoufles.
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Destins tordus
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La mort, c’est particulier chez moi. Je n’arrive pas à me dire que c’est possible. J’ai toujours envie d’ouvrir le cercueil et de crier : « Allez, debout, on arrête ces conneries ! » Comment fait-on pour supporter cette idée-là ?
Coma : la mort comme si vous y étiez.
C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
On s’arrête à une pompe alors que l’on n’a même pas besoin d’essence, on rencontre quelqu’un et la vie déraille. Non, le destin n’est pas cruel. Il est bête à pleurer.
Quelquefois dans la vie il faut que l’on s’égare.
Mort qui fait toucher la vie, – ne t’attarde pas, je t’attends !
Et là t’as un réflexe. Humain certes, mais très bizarre : tu restes accroché au truc.
On entre, on crie, et c’est la vie ; On bâille, on sort, et c’est la mort.
Vous grimpez sur le dos des gouines et des pédés pour chanter vos louanges. Il n’y a pas de quoi, et on n’est pas là pour ça. Vos vies dans l’ensemble sont plutôt merdiques, vos vies amoureuses sont plutôt calamiteuses, arrêtez de croire que ça ne se voit pas.
Dormir, c’est du temps perdu. Dormir me fait peur. C’est une forme de mort.

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