C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
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- L’émerveillement n’est pas l’oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l’amer et le sombre : dans la brûlure d’une première fois, dans la fraîcheur d’une connaissance sans précédent.
- A quoi reconnaît-on les gens fatigués. A ce qu’ils font des choses sans arrêt. A ce qu’ils rendent impossible l’entrée en eux d’un repos, d’un silence, d’un amour.
- La mort n’éteint pas la musique, n’éteint pas les roses, n’éteint pas les livres, n’éteint rien.
- On offre aux morts une minute de silence. - Ils en possèdent une éternité. - Peut-être souhaiteraient-ils une minute de notre bruit de vivants ?
- Un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire.
- On ne peut pas se retrouver pendant qu’on est dans la vie. Y a trop de couleurs qui vous distraient et trop de gens qui bougent autour. On ne se retrouve qu’au silence, quand il est trop tard, comme les morts.
- On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence ?
- La mort, c’est particulier chez moi. Je n’arrive pas à me dire que c’est possible. J’ai toujours envie d’ouvrir le cercueil et de crier : « Allez, debout, on arrête ces conneries ! » Comment fait-on pour supporter cette idée-là ?
- Mourir est une saveur que nous connaîtrons tous, un pain de lumière dont nous sommes les moineaux effrayés.
- Suicide. On ne voit rien du tombeau, des horreurs de la mort, mais on a le désir infini de se mêler à la tristesse attirante des choses.
- On entre, on crie, et c’est la vie; On bâille, on sort, et c’est la mort.
- Aimer et mourir sont deux lueurs qui ne font qu’un seul feu, et sans doute est-ce pour cela que nous aimons si peu, si mal : il nous faudrait consentir à notre propre défaite.
- A force de parler, qu’on plaise ou déplaise, ou qu’on fasse pitié, on force le silence le plus résolu.
- Peut-être n’est-ce que cela le monde : ce mauvais silence imposé à nos vies.
- Malheur à ceux qui n’ont pas connu le silence ! Le silence est un peu de ciel qui descend vers l’homme.