Je connais ma leçon ; je dois dire : « J’existe ». Même si le pollen a remplacé mon cœur. Qui craint la mort ? La mort ne saurait être triste ; Grâce à elle ma peau se couvrira de fleurs.
Écrivain, 1919-1998Je connais ma leçon ; je dois dire : « J’existe ». Même si le pollen a remplacé mon cœur. Qui craint la mort ? La mort ne saurait être triste ; Grâce à elle ma peau se couvrira de fleurs.
Écrivain, 1919-1998Partager sur
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Poèmes, un (1945-1967) : les testaments
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La mort n’est rien, elle est sans cesse derrière vous, elle est la poussière de vos semelles. La vie est devant, toujours devant, allez à elle, ne vous retournez jamais.
En faisant courir le bruit de ma mort, j’assure ma vie et me couvre de gloire. Parole qui profite ne saurait porter malheur.
Qu’entre l’erreur et le mensonge. Car je confonds la vie, la mort, l’inexistence qui me rongent. Oh, naître enfin ! Tirage au sort.
Le mal, c’est la promesse qu’on ne tient pas. Qu’est-ce que la mort, sinon la promesse de la vie qui court, là, dans mon sang, sous ma peau, et qui n’est pas tenue ?
La mort n’a peut être pas plus de secrets à nous révéler que la vie ?
Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n’est rien. La conscience ne souffre pas puisqu’elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c’est l’esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l’angoisse.
Ainsi, vivre, me tue, et mourir me rend la vie.
L’art de vivre, il faut toute la vie pour l’apprendre ; et ce qui vous surprendra peut-être davantage, toute la vie il faut apprendre à mourir.
Un philosophe grec enseignait que ne pas être né est le plus doux des états. Mais moi je pense que c’est plutôt le sommeil. On est mort, et pourtant vivant. Il n’y a pas de sensation plus exquise.
Si, autrefois, devant un mort, je me demandais : « À quoi cela lui a-t-il servi de naître ? », la même question, maintenant, je me la pose devant n’importe quel vivant.

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