Les citations
La fin de la guerre c’est la maîtrise d’un bout de terre, la reconnaissance d’un seul maître.
Christian BobinSource vérifiée Le Très-Bas (1992) La télévision c’est le monde à temps plein, à ras bord de souffrance, impossible à voir dans ces conditions, impossible à entendre.
Christian BobinSource secondaireL’inespérée (1994), p. 24 La main de la mère relevant avec nonchalance une mèche de cheveux sur le front de son enfant lègue à celui-ci une douceur qu’une vie entière n’épuisera pas.
Christian BobinSource vérifiée Les ruines du ciel On peut se laisser dépérir dans le manque. On peut aussi y trouver un surcroît de vie.
Christian BobinSource vérifiée La plus que vive (1996) Tout le mal dans cette vie provient d’un défaut d’attention à ce qu’elle a de faible et d’éphémère.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994) Le couple c’est le lieu de la vie soustraite. La passion c’est le lieu de la vie divisée.
Christian BobinSource vérifiée Une petite robe de fête (1991) La neige est le plus beau des livres d’enfant.
Christian BobinSource secondaireNoireclaire (2015), p. 68 J’ai pour amie principale la neige. Elle me rend visite deux ou trois fois l’an. Elle a d’autres noms que le mien dans son carnet d’adresses.
Christian BobinSource secondairePierre (2019), p. 26 Je n’aime pas ceux qui parlent de Dieu comme d’une valeur sûre. Je n’aime pas non plus ceux qui en parlent comme d’une infirmité de l’intelligence. Je n’aime pas ceux qui savent, j’aime ceux qui aiment.
Christian BobinSource secondaireAutoportrait au radiateur (1997), p. 33 Un sourire est comme une armée d’avant-garde, une modification de la chair qui survit à la chair, qui se sépare d’elle et vole très loin, bien plus loin que le visage d’où ce sourire est monté, où il s’est conçu.
Christian BobinSource secondaireGeai (1998), p. 16 Comment sortir de soi ? Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre.
Christian BobinSource vérifiée Lettres d’or Ce qui fait un couple, c’est la nourriture : un couple c’est quand deux respirent le même air, avalent la même nourriture – la même amertume ou la même joie. Et ces deux-là, qu’est-ce qu’ils mangent ? Ils mangent de la souffrance, du malheur.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994) Si on devait dessiner l’intelligence, la plus fine fleur de la pensée, on prendrait le visage d’une jeune mère, n’importe laquelle. De même si on devait dire la part souffrante de tout amour, la part manquante, arrachée.
Christian BobinSource vérifiée La part manquante L’intelligence est la force, solitaire, d’extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi, vers l’autre là-bas, comme nous égaré dans le noir.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994) C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
Christian BobinSource vérifiée Isabelle Bruges (1992) On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience. Sous l’effet d’un désir, sous l’erreur invincible d’un tel désir : trouver le sommeil dans un seul corps, toucher au silence dans une seule phrase.
Christian BobinSource vérifiée Une petite robe de fête (1991) Il va là où le chant ne manque jamais de souffle, là où le monde n’est plus qu’une seule note élémentaire tenue infiniment, une seule corde de lumière vibrant éternellement en tout, partout. Il disparaît de la ville.
Christian BobinSource secondaireLe Très-bas (1992), p. 56 C’est une chose fragile que la lumière du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on ne sait trop quoi. Oui, mais voilà : où trouver la force d’attendre, quand le visage aimé est recouvert de terre ?
Christian BobinSource vérifiée La femme à venir Dans le chant, la voix se quitte : c’est toujours une absence que l’on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l’excès et le défaut. Le comble et la perte.
Christian BobinSource vérifiée La part manquante (1989) L’émerveillement n’est pas l’oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l’amer et le sombre : dans la brûlure d’une première fois, dans la fraîcheur d’une connaissance sans précédent.
Christian BobinSource vérifiée La part manquante (1989) C’est une chose étrange que l’absence. Elle contient tout autant d’infini que la présence. J’ai appris cela dans l’attente, j’ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides : c’est si beau d’attendre celle que l’on aime.
Christian BobinSource vérifiée Souveraineté du vide : suivi de Lettres d’or Faire l’amour en cachette, c’est comme voler des bonbons à l’épicerie. C’est délicieux. Ce goût exquis, dans l’arrière-bouche, d’une chose pas bien. Pardonnez-moi mon père, pardonnez-moi ma mère, pardonnez-moi parce que j’ai péché et que je compte bien pécher encore et encore.
Christian BobinSource vérifiée La femme à venir Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu’un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l’âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel.
Christian BobinSource vérifiée La plus que vive (1996) À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l’extérieur comme vers l’intérieur. Plus tard, c’est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
Christian BobinSource vérifiée La femme à venir Mon Dieu qui n’êtes personne, donnez-moi chaque jour ma chanson quotidienne, mon Dieu qui êtes un clown, je vous salue, je ne pense jamais à vous, je pense à tout le reste, c’est déjà bien assez de travail, amen.
Christian BobinSource vérifiée La folle allure La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l’on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.
Christian BobinSource vérifiée Une petite robe de fête (1991) Écrire des lettres d’amour est, certes, un travail peu sérieux et sans grande importance économique. Mais si plus personne ne l’exerçait, si personne ne rappelait à cette vie combien elle est pure, elle finirait par se laisser mourir.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994) Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne – la vérité, la pluie sur le toit d’une voiture, les mots d’amour ou les pianos de Mozart.
Christian BobinSource à vérifierMozart et la pluie Car chez nous le contraire de la folie ce n’est pas la sagesse, mais la joie.
Christian BobinSource à vérifierL’autre visage La beauté est l’antichambre de l’amour, la beauté est la lisière d’un amour dont je ne désespérerai jamais.
Christian BobinSource à vérifierMozart et la pluie Un écrivain est grand non par lui-même mais par la grandeur de ce qu’il nomme, et je ne sais pas d’autre grandeur que celle de la vie faible, humiliée par le monde.
Christian BobinSource à vérifierUn désordre de pétales rouges Le plus beau don que l’on puisse nous faire dans cette vie ténébreuse est celui de la clarté – quand bien même cette clarté nous tue.
Christian BobinSource à vérifierMozart et la pluie Nous ne disposons que d’une seconde pour voler à la vie les bracelets de lumière qui tintent à ses poignets.
Christian BobinSource à vérifierUn assassin blanc comme neige (2011) La mort est un clou en or dans le bois de la vie.
Christian BobinSource à vérifierUne bibliothèque de nuages (2006) La douceur de vivre est l’avancée d’une vie éternelle dans la vie aujourd’hui.
Christian BobinSource à vérifierLe Très-Bas (1992) La simple vie de chaque jour nous donne toute sa lumière puis s’en va, comme une invisible fiancée portant à son doigt une bague d’air, incrustée de silences scintillants.
Christian BobinSource à vérifierPrisonnier au berceau (2005) Les hommes regardent les femmes et ils en perdent la vue. Les femmes regardent les mots d’amour et elles y trouvent leur âme.
Christian BobinSource à vérifierLa Grande Vie (2014) Quand la vérité éclaire partout, c’est l’amour.
Christian BobinSource à vérifierLa lumière du monde J’ai trouvé, mon amour, le nom le plus secret et le plus clair pour dire ce qu’est ta vie dedans ma vie : l’air.
Christian BobinSource à vérifierLettres d’or (1987) Qu’est-ce que c’est, aimer. Ce n’est pas s’enfermer dans la même maison, s’étouffer dans la même parole, s’assombrir dans la même histoire. Ce n’est pas remplir un vide, effacer une distance.
Christian BobinSource à vérifierLa merveille et l’obscur (1991)
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Biographie de Christian Bobin
Christian Bobin est né en 1951 au Creusot, dans une famille ouvrière. Dès son jeune âge, il trouve du réconfort dans les livres et s’intéresse à la philosophie. Il publie son premier roman en 1977. Peu à peu, il se fait connaître grâce à son style simple et poétique, notamment avec Une petite robe de fête en 1991. Son roman Le Très-Bas, qui parle de François d’Assise, reçoit un prix littéraire en 1993. Bobin écrit sur la beauté des choses simples et sur la foi. Il aime écrire des textes courts et préfère rester loin du monde littéraire. Christian Bobin est décédé en 2022, alors qu’il venait de commencer un nouveau roman.
Biographie rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle et relue par la rédaction, à partir de l’article Christian Bobin de Wikipédia (auteurs : contributeurs de Wikipédia), modifiée ; texte disponible sous licence CC BY-SA 4.0.
