On peut se laisser dépérir dans le manque. On peut aussi y trouver un surcroît de vie.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons On peut se laisser dépérir dans le manque. On peut aussi y trouver un surcroît de vie.
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La Plus que vive (1996)
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On a beau s’efforcer de vivre une seule vie, les autres verront mille autres vies dedans, et c’est pour ça qu’on n’arrive pas à éviter de se faire du mal.
C’est grâce aux risques que l’on prend que la vie devient vivable.
À force de remettre à plus tard, la vie passe.
Il faut peut-être plus de force d’âme encore pour résister à la solitude qu’à la misère ; la misère avilit, la retraite déprave.
Une vie riche d’espérances, mais trop pauvre de réalités.
La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux – elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
Dans peut-être il y a la vie. Dans peut-être il y a l’espérance.
Il y a plus important que survivre, c’est se sentir hors d’atteinte.
L’essentiel de la vie n’est peut-être qu’une peine à purger.
On peut très bien faire une chose sans y être. On peut même passer le clair de sa vie, parler, travailler, aimer, sans y être jamais.

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