Nous devons oublier nos morts en tant que morts, mais il nous est permis de suivre leur modèle et de perpétuer leurs œuvres, le reste n’est que simagrées.
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- De nos jours, on survit à tout sauf à la mort.
- Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
- A force de côtoyer la mort et le milieu médical, on finissait par se négliger soi-même.
- La mort, dit-on, nous acquitte de toutes nos obligations.
- La civilisation implique qu’on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
- Une visite de condoléances, cela apprend à vivre, à se tenir. A oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
- Il n’y a qu’avec les gens avec qui nous créons la vie qu’on peut parler de la mort et anéantir les visions de destruction. Jusqu’à leurs souvenirs même.
- S’il y a la moindre vie après la mort, nous le saurons bien assez tôt. S’il n’y en a pas, nous n’existerons plus pour nous plaindre et dire qu’on nous a menti.
- On ne s’habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il faudra nous habituer à la nôtre !
- Pourquoi donc n’est-il pas possible qu’après la mort nous gardions l’apparence parfaite des vivants, si les vivants peuvent dans le sommeil se faire semblables aux lugubres morts ?
- Il faut avoir au moins une certitude : celle de rester maître de sa mort et de pouvoir en choisir l’heure et le moyen.
- Hauts et bas, c’est la route ordinaire du deuil. Le survivant, pendant des semaines, ressuscite son mort comme il peut jusqu’à ce que la vie, à l’usure, gagne la partie et renvoie définitivement le défunt à sa tombe.
- Les morts, on sait où ils vont, mais les vivants ? Leur éloignement est plus mystérieux que celui des morts.
- Penser aux morts, c’est assurer la survie des gens qu’on a aimés, en attendant que les autres le fassent pour vous. C’est un devoir de mémoire.
- La mort est le compagnon fidèle de l’alpiniste. On y pense sans cesse, on la côtoie, il faut s’y habituer.