Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
Écrivain, 1915-1980Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
Écrivain, 1915-1980Partager sur
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Journal de deuil
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Voici descendre enfin sur nous la belle nuit Si douce à qui se meurt, à qui se désespère, .
Une femme qui ne dure qu’une nuit, pas même, qui ne dure qu’un rêve, nous laisse les plus doux regrets.
Avec toi, maintenant, combien tendre est la nuit.
Une femme au cœur pâle Met la nuit dans ses habits. L’amour a découvert la nuit Sur ses seins impalpables.
L’horreur de la nuit la plus noire. Seule convient à ma douleur. Il faudrait perdre la mémoire, quand on a perdu le bonheur !
Ma femme s’est pendue dans la grange, une nuit que j’étais à l’espère du lièvre.
C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
La nuit dure longtemps mais le jour finit par arriver.
Le temps de la souffrance était révolu, et pourtant elle aurait voulu qu’il n’en fût rien, elle aurait voulu qu’il en restât toujours une trace – une grimace de douleur, un frisson, une partie de sa colère non encore assouvie.
Elle repose avec un doux sourire sur les lèvres, et ses dernières pensées ont été un retour vers les jours heureux de jadis. Sa vie a pris fin dans un rêve paisible puisse son réveil dans l’autre monde être aussi agréable !

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