Le jour approche, de l’anniversaire de la mort de mam. J’ai peur, de plus en plus, comme si ce jour-là (25 octobre) elle devait mourir une seconde fois.
Écrivain, 1915-1980Le jour approche, de l’anniversaire de la mort de mam. J’ai peur, de plus en plus, comme si ce jour-là (25 octobre) elle devait mourir une seconde fois.
Écrivain, 1915-1980Partager sur
Source vérifiée
Journal de deuil
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Le jour où nous consentons à un peu de bonté est un jour que la mort ne pourra plus arracher au calendrier.
Demain sera l’âge de la femme.
On parle toujours de rencontrer la femme de sa vie. Mais le jour de son enterrement, en allant au cimetière, on peut parfaitement croiser la femme de sa mort.
Un jour on l’appelle Maman. Elle le reste toute la vie.
Faire son deuil, c’est lancer une poignée de vie dans les yeux de la mort. On sait qu’elle n’en sera aveuglée qu’un bref instant, mais cela nous fait du bien.
Pour bien aimer une vivante, il faut l’aimer comme si elle devait mourir demain.
« Je sens une difficulté d’être. » C’est ce que répond Fontenelle, centenaire, lorsqu’il va mourir et que son médecin lui demande : « M. Fontenelle, que sentez-vous ? » Seulement la sienne est de la dernière heure. La mienne date de toujours.
J’aimerais autant demander à un vieillard quel jour mourrez-vous, qu’à une jolie femme qui n’est pas trop jeune, quel jour êtes-vous née ?
Si ma femme doit être veuve un jour, j’aimerais mieux que ce soit de mon vivant.
Je ne sais pas ce qui m’inquiète à propos de la mort : sans doute les horaires.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.