La photographie littérale introduit au scandale de l’horreur, non à l’horreur elle-même.
Écrivain, 1915-1980La photographie littérale introduit au scandale de l’horreur, non à l’horreur elle-même.
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Mythologies (1957)
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Ca vous a un côté sinistre la photographie… C’est de la mort en image.
Je témoignais, je pensais qu’une photo forte devait nous raconter une particularité de la condition humaine. J’ai toujours senti le besoin de dénoncer avec mes photos les injustices que l’on rencontre.
Une fois que vous acceptez l’idée que toutes les photographies sont des fictions, des analogies pour les choses représentées, alors vous êtes plus réceptifs à la signification suggérée par cette analogie, par cette fiction. Plus précisément, une photographie parle de choses qui n’existeraient pas sans elle.
La comédie critique, la tragédie exalte. C’est ce qui fait sans doute la supériorité de l’art tragique sur l’art comique.
Les deux électricités opposées de la comédie et de la tragédie se rencontrent, et l’étincelle qui en jaillit, c’est le drame.
Employée comme moyen d’extériorisation d’un souci créateur, [la photographie] est autre chose qu’une simple copie de la nature. Autrement les « bonnes » photos ne seraient pas si rares.
Le scandale est une guêpe importune contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement à moins d’être bien sûr de pouvoir la tuer ; sinon il reviendra à l’attaque plus furieux que jamais.
Des masses corrompues par une fausse culture peuvent sentir dans le destin qui les accable le poids du drame ; elles se complaisent dans l’étalage du drame, et poussent ce sentiment jusqu’à mettre du drame jusque dans les plus petits incidents de leur vie.
Ce n’est pas la réalité qui compte dans un film mais ce que l’imagination peut en faire.
L’art est une sorte de scandale, un exhibitionnisme dont la seule excuse est qu’il s’exerce chez les aveugles.

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