En fait, au fond, toujours ceci : comme si j’étais comme mort.
Écrivain, 1915-1980En fait, au fond, toujours ceci : comme si j’étais comme mort.
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Journal de deuil : 26 octobre 1977-15 septembre 1979
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Ma mort est comme une sentinelle, lasse de tout ce qu’elle a pris.
Et pourtant, me réveillant en sursaut et me répétant soudain que tu es mort, j’ai cette sensation terrible de ne plus exister, que toutes ces années sont tombées en poussière et qu’il ne reste plus rien d’important à vivre d’autre que le souvenir de nous.
Coma : la mort comme si vous y étiez.
Il y a des moments où j’ai envie de mourir,
Alors, la mort, ça m’est égal.
Qu’entre l’erreur et le mensonge. Car je confonds la vie, la mort, l’inexistence qui me rongent. Oh, naître enfin ! Tirage au sort.
Pour moi, lorsque je vois un mort, la mort m’apparaît alors comme un départ. Le cadavre me fait l’impression d’un costume qu’on a laissé derrière soi. Quelqu’un est parti, sans éprouver le besoin d’emporter son seul et unique vêtement.
Ma vie est comme une plume sur le dos de ma main, attendant le vent de la mort.
Tous les jours j’me couche aux aurores. Et j’pars au taf avec une gueule d’enterrement comme si j’étais croque-mort.
Je suis vivant, bien portant et indifférent aux rumeurs sur ma mort. Mais si j’étais mort, je serais le dernier au courant !
Mon affinité avec la mort a commencé dès mon plus jeune âge ; non pas par excès de morbidité mais par conscience de la finitude et plus exactement de Ma finitude. Mon corps d’enfant contenait à lui seul tous les signes infaillibles d’un défaut d’infini.

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