Quelle souffrance que d’être ainsi vivant. Quelle abomination, quelle pourriture ! Comment mon corps, ce corps qui est à moi, qui appartient ou qui est le maître de cet esprit pas particulièrement attaché à la vie, a-t-il la force, le courage d’exister ?
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- Peu de choses dans ma vie m’ont effectivement passionné davantage que l’aspect pénal de notre monde. Si nous considérons cet aspect pénal de notre monde, c’est-à-dire de notre société, nous avons, comme on dit, de quoi nous étonner chaque jour.
- L’excès de prudence détruit l’âme et le coeur, parce que vivre est un acte de courage. Et un acte de courage est toujours un acte d’amour.
- Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
- Ce courage, c’est ta force mais aussi ta faiblesse. Prends garde à cela, les émotions sont faites pour être partagées, la force et le courage sont comme deux bâtons qui peuvent se retourner contre celui qui les utilise mal.
- Une grande âme est au-dessus de l’injure, de l’injustice, de la douleur, de la moquerie; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion.
- La santé de l’âme n’est pas plus assurée que celle du corps; et quoique l’on paraisse éloigné des passions, on n’est pas moins en danger de s’y laisser emporter que de tomber malade quand on se porte bien.
- Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.
- Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre... Mieux vaut s’accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. Est-il besoin, pour un homme, d’avoir une compagne effacée, sentimentale et sans volonté, pour être heureux ?
- Partout même habitude de se donner corps et âme, même besoin de se dévouer, même désir de porter et d’exercer quelque part l’art de bien souffrir et de bien mourir.
- Le corps a ses grâces, l’esprit ses talents, le coeur n’aurait-il que des vices ?
- Rien n’exerce plus de pouvoir sur le corps que les croyances de l’esprit.
- Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c’est moi qui la continue, qui la déroule. J’existe. Je pense que j’existe. Oh ! Le long serpentin, ce sentiment d’exister - et je le déroule, tout doucement.
- La souffrance forme le tissu de l’existence, elle est le lieu où la vie devient vivante, la réalité et l’effectivité phénoménologique de ce devenir.
- La vie c’est quelque chose de très fort et de très beau... La vie appartient a tous les vivants. It’s both a dream and a feeling. C’est etre ce que nous ne sommes pas sans le rester. La vie c’est mourir aussi... Et mourir c’est vraiment strong... C’est rester en vie au delà de la mort...
- La vie et la mort, la souffrance et la joie, les ampoules des pieds meurtris, le jasmin derrière la maison, les persécutions, les atrocités sans nombre, tout, tout est en moi et forme un ensemble puissant, je l’accepte comme une totalité indivisible.