Il faut parfois avoir le courage de ne pas travailler, mais ce luxe n’est pas un devoir pour tout le monde.
Écrivain, 1888-1979Il faut parfois avoir le courage de ne pas travailler, mais ce luxe n’est pas un devoir pour tout le monde.
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Algèbre des valeurs morales
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Face à certaines personnes, on ne peut se payer le luxe d’être soi-même.
Leur goût du travail, c’est de ne pas pouvoir « rester à rien faire ».
On m’explique depuis quelque temps que le travail n’est pas une valeur de gauche et j’ai du mal à m’y faire. Si l’on aime les travailleurs, il faut bien se résoudre à avoir un minimum de bienveillance pour le travail.
Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible.
Comment parler de dignité au travail si l’on estime en son for intérieur que son job ne devrait pas exister ?
Travaille, tu dois payer ta vie par tes travaux. Le paresseux fait un vol à la société.
Il y a un sentiment de liberté à suivre ses caprices, et tout au contraire de servitude à courir pour son établissement : il est naturel de le souhaiter beaucoup et d’y travailler peu, de se croire digne de le trouver sans l’avoir cherché.
Le travail, c’est la vie, et sans lui il n’y a que peur et insécurité.
Si l’on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l’on veut devenir riche, il faut trouver autre chose.
Il est inutile de conseiller la solitude pour tout le monde ; il faut être assez fort pour l’endurer et travailler seul.

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