C’est le printemps rôti, qui accourcit l’herbe et les lances du blé.
Écrivaine, 1873-1954C’est le printemps rôti, qui accourcit l’herbe et les lances du blé.
Écrivaine, 1873-1954Partager sur
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L’Étoile Vesper (1946), chapitre 1
C’est le printemps rôti, qui accourcit l’herbe et les lances du blé.Vent d’est, pas de rosée, le rosier perd ses boutons fermés, le cerisier ses cerises ridées, l’ail jeune, l’échalote sensible pâment; pitié pour la fleur ailée du pois, qui prie pour que la pluie la change en graine…
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Le blé demande du soleil, la betterave demande de la pluie. C’est pratique, ça permet au cultivateur, quel que soit le temps, de pouvoir se plaindre du temps.
Ne meurs pas, mon âne, le printemps viendra, et alors l’herbe poussera.
Sur cette vaste plantation, ce n’est pas la pluie mais la sueur de mon front qui arrose les récoltes.
Changement d’herbage réjouit les veaux.
Rien qu’une guêpe bourdonnant, dehors, autour d’un cruchon. Et, avec ce faible bruit, c’est l’été qui entre dans la cuisine et caresse une botte d’oignons pendue à un clou.
C’est à force de répandre le bon grain qu’une semence finit par tomber dans un sillon fertile.
Les mauvaises herbes du désert perdurent, mais la fleur du printemps s’épanouit puis se fane.
Le printemps vient, paré de verdure et couronné de fleurs, pour le grand rite de l’amour.
C’est l’automne, la saison où, sous un soleil refroidi, chacun recueille ce qu’il a semé.
Trop de culture épuise un champ fertile.

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