Aucune voix n’emprunta le son du vent pour me glisser avec un petit souffle froid, dans l’oreille, le conseil d’écrire, et d’écrire encore, de ternir, en écrivant, ma bondissante ou tranquille perception de l’univers vivant...
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- Au lieu d’aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du coeur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c’est moi qui m’éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert.
- Des jours durant, j’ai tenté d’ignorer la voix de mon coeur, mais elle s’est faite de plus en plus puissante. Dans le recoin le plus caché de mon âme, j’existais encore et je croyais aux rêves.
- Phèdre : Tu veux dire le discours de celui qui sait, parole vivante et pensante dont on pourrait dire en toute justice que le discours écrit n’est qu’une simple image ? Socrate : Oui, absolument.
- Les différentes voix s’unissent dans la mélodie : l’une résonne gaie, vivante, sûre de la victoire, tandis que l’autre paraît encore se débattre dans les ténèbres au milieu d’un combat plein de mélancolie... C’est l’expression la plus nette et la plus parfaite de la vie intérieure.
- Ainsi nous ne sommes rien, ni toi ni moi, auprès des paroles brûlantes qui pourraient aller de moi vers toi, imprimées sur un feuillet : car je n’aurai vécu que pour les écrire, et, s’il est vrai qu’elles s’adressent à toi, tu vivras d’avoir eu la force de les entendre.
- Il y a dans la voix, dans le regard, dans tout l’être de ceux que nous aimons, un fluide magnétique, une sorte d’auréole, non visible, mais sensible au toucher de l’âme, si je peux parler ainsi, qui agit puissamment sur nos sensations intimes.
- On ne peut jamais écrire ce que l’on ressent vraiment. Les mots ne peuvent s’élever dans les airs avec le coeur, ils ne font que tomber sur le papier.
- Mes mots déséquilibrés sont le luxe de mon silence. J’écris par pirouettes acrobatiques et aériennes - j’écris à cause de mon profond vouloir parler. Quoique écrire ne me donne que la grande mesure du silence.
- Rien n’est mélancolique et doux comme la tyrolienne sauvage chantée dans l’ombre, par un pauvre petit chevrier invisible, pour la solitude qui l’écoute. Quelquefois, dans toute une grande montagne, il n’y a que la voix d’un enfant.
- Mon monde sous-marin ne connaît pas la rage. J’y suis souverain. Comme mon corps, mes idées sont légères et gracieuses. J’étouffe le monde du dehors le temps d’épuiser l’oxygène emprisonné à la hâte dans mes poumons.
- Que j’écrive ou non, la face du monde n’en sera pas changée. Et pourtant, c’est un peu comme si j’étais en sursis et que chaque mot fût un rempart contre la mort.
- Nulle forme fixe n’est plus considérée comme le moule nécessaire à l’expression de toute pensée poétique; désormais, comme toujours, mais consciemment libre cette fois, le poète obéira au rythme personnel.
- Je déguste la solitude, laisse une minute de silence fondre sur ma langue, seul le rayon de soleil poussiéreux vient me déranger.
- Parler, c’est abuser; penser, c’est usurper. La voix sert à se taire et l’esprit à ramper. Le monde est à plat ventre, et l’homme, altier naguère, doux et souple aujourd’ hui, tremble. - Paix ! Dit la guerre.
- Toute la poésie cachée qui était en moi s’est réveillée, dans la chaude lumière de ce radieux paysage, je sentais une émotion inconnue m’agiter, c’était le papillon de l’âme qui s’éveillait au fond de sa chrysalide et qui sentait palpiter ses ailes.