Mon monde sous-marin ne connaît pas la rage. J’y suis souverain. Comme mon corps, mes idées sont légères et gracieuses. J’étouffe le monde du dehors le temps d’épuiser l’oxygène emprisonné à la hâte dans mes poumons.
Image : Mon monde sous-marin ne connaît pas...

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- J’ai choisi ce métier pour aller chercher des notes de musique en mer, pour aller danser un soir d’escale à Fortaleza. Je fais confiance au voyage pour qu’il me conduise dans le tourbillon émotionnel du monde.
- Je suis une femme qui n’aime pas les photos (je n’en prends jamais), qui n’aime aucune image, gaie ou triste, susceptible de réveiller une émotion. Les émotions sont effrayantes. Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure.
- Quelle souffrance que d’être ainsi vivant. Quelle abomination, quelle pourriture ! Comment mon corps, ce corps qui est à moi, qui appartient ou qui est le maître de cet esprit pas particulièrement attaché à la vie, a-t-il la force, le courage d’exister ?
- Maintenant que je suis à la fin de ma vie, je laisse à ceux qui viendront après moi ce que j’ai appris en cheminant sur la terre. Qu’ils en fassent bon usage.
- Je n’ai pas la force de me gouverner, je suis comme le navire qu’emportent les flots rapides. Mon coeur ne s’astreint pas à préférer certaines beautés, il trouve cent raisons de les aimer toutes.
- J’entreprends ce voyage pour être loin de l’hideuse face humaine ! Enfin, pouvoir durant 15 jours se recueillir sur la face grave de l’océan ! Son visage attristé est le mien. Ce flot horrible qui déferle, mon amertume. Moi aussi j’ai mes abîmes.
- Je suis seul, capable encore et plus que jamais d’éprouver la passion. L’ennui, l’ennui que je cultive avec une rigoureuse inconscience pare ma vie de l’uniformité d’où jaillissent la tempête et la nuit et le soleil.
- J’ai la passion innée de contredire les gens, toute mon existence ne fut en somme qu’une suite de contradictions malheureuses entre mon coeur et mon cerveau, la présence d’un enthousiaste me glace.
- Au lieu d’aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du coeur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c’est moi qui m’éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert.
- Ma soif de savoir est intermittente, mais mon envie de baigner ma tête dans des atmosphères inconnues à mes pieds et pérenne et constante. Le plus haut point que nous puissions atteindre n’est pas le savoir, mais la sympathie avec l’Intelligence.
- La liberté est une sensation. Cela se respire. L’idée que nous sommes libres dilate l’avenir du moment. Elle fait s’éployer à l’extrême dans nos poitrines je ne sais quelles ailes intérieures dont la force d’enlèvement enivrant nous porte.
- Il doit y avoir dans le monde une tripotée de gens comme moi, qui ont envie de mourir, mais qui n’en ont pas le courage.
- De mon garde-fou, je vois l’horizon tout feuillage Que le souffle fait chavirer.
- Souvenez-vous de ceci quand les choses sont contre vous : de toutes les manifestations de votre visage, la lumière de la joie brille le plus loin en mer.
- Mesure à ton pouvoir la grandeur de l’ouvrage : Le plus sûr, à qui veut fendre les flots amers, est de ramer près du rivage, plutôt que de cingler vers le plus haut des mers.