Rien n’est mélancolique et doux comme la tyrolienne sauvage chantée dans l’ombre, par un pauvre petit chevrier invisible, pour la solitude qui l’écoute. Quelquefois, dans toute une grande montagne, il n’y a que la voix d’un enfant.
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- Dans la plaine - Naît un bruit. - C’est l’haleine - De la nuit. - Elle brame - Comme une âme - Qu’une flamme - Toujours suit.
- Parler, c’est abuser; penser, c’est usurper. La voix sert à se taire et l’esprit à ramper. Le monde est à plat ventre, et l’homme, altier naguère, doux et souple aujourd’ hui, tremble. - Paix ! Dit la guerre.
- La femme sent et parle avec le tendre instinct du coeur, cette infaillibilité. Personne ne sait comme une femme dire des choses à la fois douces et profondes. La douceur et la profondeur, c’est là toute la femme; c’est là tout le ciel.
- Le rossignol chante mieux dans la solitude des nuits qu’à la fenêtre des rois.
- Plus le troupeau est troupeau, plus le pasteur est seul. Il faut que, de temps en temps, une brebis s’égare pour qu’une solitude vienne parler à la sienne.
- Un livre de vers sous la ramée, - Un pichet de vin, une miche de pain... Et toi - A mes côtés chantant dans la solitude... - Et la solitude est à présent le paradis !
- C’est une époque où tout le monde gueule de solitude et où personne ne sait qu’il gueule d’amour. Quand on gueule de solitude, on gueule toujours d’amour.
- Et quelle étrange chose que certains mots, c’est sans bouche ni voix, c’est sans visage, on les rencontre dans le noir, on leur prend la main, on les guide mais il fait nuit partout sur terre.
- Le jour s’éveillait et à sa blancheur première le village s’éveillait avec ses mille bruits. Devant ce contraste de vie et de mystères, de lumière et de ténèbres, je méditai un moment : «Mon Dieu, comme les morts restent seuls ! ».
- Mais, que suis-je ? - Un enfant braillant dans la nuit, - Un enfant braillant pour la lumière, - Et pour tout langage un cri.
- La voix de Philippe Noiret. Le timbre d’une plénitude chaleureuse, une fluidité grave de hautbois, comme un accord avec tout de la vie. Mais au fond de ce velours, il y a un éloignement, une mélancolie. Une mélodie qui semble tellement en harmonie avec les choses de la terre qu’elle annonce déjà comme un départ.
- Il y a chez chacun de nous, surtout dans la jeunesse, quelque chose qui chante. La plupart des hommes ne se rendent pas compte de cette musique vague et fugitive; le poète seul arrête au passage les divins accents.
- Aucune voix n’emprunta le son du vent pour me glisser avec un petit souffle froid, dans l’oreille, le conseil d’écrire, et d’écrire encore, de ternir, en écrivant, ma bondissante ou tranquille perception de l’univers vivant...
- Quel enfant n’a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n’a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l’imaginaire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?