La voix de Philippe Noiret. Le timbre d’une plénitude chaleureuse, une fluidité grave de hautbois, comme un accord avec tout de la vie. Mais au fond de ce velours, il y a un éloignement, une mélancolie. Une mélodie qui semble tellement en harmonie avec les choses de la terre qu’elle annonce déjà comme un départ.
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- Ce sont des voix qui restent en dernier, tout comme c’est la voix souvent qui, comme un parfum, précède et annonce l’entrée physique de quelqu’un dans votre vie.
- Tout est écrit dans les sons. Le passé, le présent et le futur de l’homme. Un homme qui ne sait pas entendre ne peut écouter les conseils que la vie nous prodigue à chaque instant. Seul celui qui écoute le bruit du présent peut prendre la décision juste.
- La musique est la craie sur le tableau noir de la vie. Sans elle, tout est une page blanche.
- Tel un acrobate sur un fil, elle a l’impression d’osciller au gré du vent. C’est ainsi, se dit-elle, la vie rapproche parfois les moments les plus sombres et les plus lumineux. Elle prend et donne en même temps.
- Avez-vous vu parfois une jolie vallée grises, sous un ciel lourd ? Puis brusquement les nuages se séparent, le soleil descend, et la vie, la couleur surgissent joyeusement et chantent partout. C’est à cela qu’elle ressemble en ce moment-ci. Le bonheur fait vivre ses yeux, et sa voix est une perpétuelle chanson.
- Il va là où le chant ne manque jamais de souffle, là où le monde n’est plus qu’une seule note élémentaire tenue infiniment, une seule corde de lumière vibrant éternellement en tout, partout. Il disparaît de la ville.
- Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage ?
- La pluie montre ses dents, exige la lumière Mon envie de crier, comme un doigt qu’on déplie, tire, tire les fils du nez de la mercière Qui maigrit mais qui tourne, embobinant la pluie.
- Les sanglots longs Des violons de l’automne Bercent mon coeur D’une langueur monotone.
- Des feuilles - Qu’on foule, - Un train - Qui roule, - La vie - S’écoule.
- Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne - la vérité, la pluie sur le toit d’une voiture, les mots d’amour ou les pianos de Mozart.
- La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur Qui s’agite et parade une heure, sur la scène, puis on ne l’entend plus. C’est un récit Plein de bruit, de fureur, qu’un idiot raconte Et qui n’a pas de sens.
- Il y a pourtant une voix qui crie dans le désert : Amour, amitié, ô hyménee ! Oui, voilà les trois notes que j’entends dans le vent du soir et dans la plainte du torrent. Voix mystérieuse d’une ineffable poésie.
- Les différentes voix s’unissent dans la mélodie : l’une résonne gaie, vivante, sûre de la victoire, tandis que l’autre paraît encore se débattre dans les ténèbres au milieu d’un combat plein de mélancolie... C’est l’expression la plus nette et la plus parfaite de la vie intérieure.