Les feuilles Qu’on foule Un train Qui roule La vie S’écoule
Écrivain, 1880-1918Les feuilles Qu’on foule Un train Qui roule La vie S’écoule
Écrivain, 1880-1918Partager sur
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Alcools (1898 1912) (FR)
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Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort. Le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c’est le train, ce n’est pas la gare.
À l’automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. À l’automne de la vie, ce sont nos souvenirs.
Si la vie n’est qu’un passage, dans ce passage au moins semons des fleurs.
Il y a des périodes où l’inspiration coule avec vivacité et originalité dans les neurones. C’est ainsi qu’à chaque automne un vent mauvais emporte pour moi les merveilleuses feuilles rousses et mordorées qui tombent en tourbillonnant sur le sol…
La jeunesse supporte l’orage des passions, mais la vieillesse y succombe : ainsi l’aquilon emporte en automne la feuille qu’il balançait gracieusement durant l’été.
La vie qui s’en vient Et qui s’en va Nous laisse pantois Comme des chiens…
La vie, c’est autre chose encore : c’est la fleur et le couteau, c’est de voir rouge un jour et bleu le lendemain.
Ciel rouge le soir, laisse bon espoir. Ciel rouge le matin, pluie en chemin.
Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient satin.
Une tâche écrasante pour un rendement nul : abattre la forêt pour accoucher d’une boîte d’allumettes.

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