Une tâche écrasante pour un rendement nul : abattre la forêt pour accoucher d’une boîte d’allumettes.
Source : Lotissement-journal (1926)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Une tâche écrasante pour un rendement nul : abattre la forêt pour accoucher d’une boîte d’allumettes.
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On la tolère encore un peu, la forêt, pour la hacher en pâte à papier ou la laminer en simili-massif. Le jour où la civilisation n’aura plus besoin de papier ni de maquiller le plastique en faux bois, adieu le dernier arbre !
Du feu avec du bois sec et du travail avec des gens dociles, voilà choses faciles.
Les feuilles Qu’on foule Un train Qui roule La vie S’écoule
À force de prendre dans la huche sans rien y mettre, on en trouve bientôt le fond.
Rien n’est plus stérile que de s’atteler à des tâches inutiles.
Monter, grimper… Mais se hisser ? Oh ! Combien c’est difficile. Le coup de reins lumineux, la rasante force qui jaillit de son terrier et, malgré la pesanteur, délivre l’allégresse.
Dans l’immense vasière de la forêt vierge, au moins la pléthore porte-t-elle en soi son châtiment. Chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l’ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres.
La nuit, la raison dort, et simplement les choses sont. Celles qui importent véritablement reprennent leur forme, survivent aux destructions des analyses du jour. L’homme renoue ses morceaux et redevient arbre calme.
L’incorrigible fierté des racines.
Un câlin, c’est détacher un petit bout de soi pour le donner à l’autre pour qu’il puisse continuer son chemin moins seul.

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