L’incorrigible fierté des racines.
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Monsieur Malaussène
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Notre destin, quand nous voulons l’isoler, ressemble à ces plantes qu’il est impossible d’arracher avec toutes leurs racines.
La flatterie ressemble à un arbre qui séduit par sa beauté, et qui ne donne que des fruits pourris.
Ton corps ressemble à s’y méprendre à cet arbre fruitier qui a la particularité de ne produire que deux fruits par vie. On raconte que si on s’endort entre ses branches, on se réveille amoureux.
La femme est la racine, l’homme est l’arbre. Et l’arbre ne peut s’élever que si les racines sont fortes.
Pour comprendre la forme d’un arbre, il faut voir ses racines. On pousse tous en fonction de nos racines.
Dans l’immense vasière de la forêt vierge, au moins la pléthore porte-t-elle en soi son châtiment. Chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l’ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres.
Celui qui ajoute du vert au printemps, des roses à l’automne, du pourpre à de jeunes lèvres, crée la laideur parce qu’il ment.
Expérience, ce fruit tardif, le seul qui mûrisse sans devenir doux.
Qui a peur des feuilles ne doit pas approcher de la forêt.
Qui voit le chêne dans le gland voit Dieu dans le chêne.

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