Surtout j’ai la douleur, cette douleur toujours jeune, active, inspiratrice d’étonnement, de colère, de rythme, de défi, la douleur qui espère la trêve mais ne prévoit pas la fin de la vie, heureusement j’ai la douleur.
Écrivaine, 1873-1954Surtout j’ai la douleur, cette douleur toujours jeune, active, inspiratrice d’étonnement, de colère, de rythme, de défi, la douleur qui espère la trêve mais ne prévoit pas la fin de la vie, heureusement j’ai la douleur.
Écrivaine, 1873-1954Partager sur
Source vérifiée
Le Fanal bleu (1949), chapitre 1
Le texte original diffère de quelques mots.
… » Non, je ne sens pas trop d’air, je ne sens pas cet air-là, auquel vous pensez. Je n’ai pas assez de suite dans les idées pour le sentir. J’ai tant d’occasions de me détourner de ce que vous nommez pudiquement « le mauvais air ».Surtout j’ai la douleur, cette douleur toujours jeune, active, inspiratrice d’étonnement, de colère, de rythme, de défi, la douleur qui espère la trêve mais ne prévoit pas la fin de la vie, heureusement j’ai la douleur.Oh! Je reconnais qu’à employer l’adverbe « heureusement », je lui trouve une affectation de coquetterie, une minauderie d’infirme. …
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C’est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c’est pourquoi l’on aime souffrir, et faire souffrir.
La douleur est comme la passion. Pour s’en délivrer, il faut l’assouvir, toute.
Toute douleur veut être contemplée, ou bien elle n’est pas sentie du tout.
La douleur embellit l’écrevisse.
Mais toujours le plaisir de douleur s’accompagne.
Il n’est pire douleur que le souvenir du bonheur au temps de l’infortune.
L’excès de la douleur, comme l’excès de la joie, est une chose violente qui dure peu.
Comment n’êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
Tout est douleur, tout est éphémère.
Je vois que toujours la souffrance engendre une plus grande connaissance de la vérité que la sérénité de tous les sages. Ce que je sais, ce sont des malheureux qui me l’ont appris ; ce que j’ai vu, c’est le regard de la douleur qui me l’a montré.

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