Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose ; on redoute l’hiver.
Écrivaine, 1873-1954Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose ; on redoute l’hiver.
Écrivaine, 1873-1954Partager sur
Source vérifiée
L’Étoile Vesper (1946), chapitre 1
Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose; on redoute l’hiver.Pour le seul printemps nous devenons pareils à l’oiseau sous l’auvent de tuile, pareils au cerf lorsqu’une certaine nuit il respire, dans la forêt d’hiver, l’inopiné brouillard que tiédit l’approche du temps nouveau. Une profonde crédulité annuelle s’empare du monde, libère trop tôt la voix des oiseaux, le vol de l’abeille. Quelques heures, et nous retombons à la commune misère d’endurer l’hiver et d’attendre le printemps…
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Un matin, le printemps se donne Je sais bien, je sais bien qu’il va s’en aller Mais j’ai tellement mieux que l’automne à rêver.
Un écrit lié au temps est comme un sentier dans la neige : on ne s’en sert qu’en hiver ; le printemps l’emporte et en été il n’existe plus, on n’en a pas besoin, alors on l’oublie.
Chaque saison est la pensée de celle qui la précède. L’été vérifie les gestes du printemps.
C’est le « presque » qui compte, et le conditionnel. Sur le coup, ça semble une folie. On est tout juste au début de mars, la semaine n’a été que pluie, vent et giboulées. Et puis voilà. Depuis le matin, le soleil est venu avec une intensité mate, une force tranquille.
Le printemps est venu : comment, nul ne l’a su.
Pluie des matins d’été, inoubliable Clapotement comme d’un premier froid Sur la vitre du rêve (…).
D’un hiver plein de rigueurs C’est toi qui fonds la glace ; Si l’amour a des froideurs, Que ton retour les chasse : Joli mois de Mai, rends-nous, rends-nous le cœur gai.
J’avance dans l’hiver à force de printemps.
L’hiver est un printemps qui s’ignore.
Le temps, ainsi, nous donne l’image de ce que nous sommes en droit d’espérer, et nous aide à éprouver, en ces jours pluvieux, notre froid sentiment de l’hiver : comme si le soleil et la pluie ne faisaient pas partie de ce monde naturel, que nous regardons comme s’il était un miroir de l’âme.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.