Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose; on redoute l’hiver.
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- Un écrit lié au temps est comme un sentier dans la neige : on ne s’en sert qu’en hiver; le printemps l’emporte et en été il n’existe plus, on n’en a pas besoin, alors on l’oublie.
- L’hiver est un printemps qui s’ignore.
- Vous échangez un regard clair pour un printemps, le tour de votre taille pour un tour de fleur, l’audace et le danger pour votre chair sans ombre, vous échangez l’amour pour des frissons d’épées Et le rire inconscient pour des promesses d’aube.
- Un printemps meurt, en vient un autre Et tout change, et tout est pareil Le bonheur n’est pas le nôtre Pas plus que le soleil Écoute, écoute dans le monde Cet orchestre de coeurs battants De partout ils se répondent Depuis combien de temps ?
- C’est le "presque" qui compte, et le conditionnel. Sur le coup, ça semble une folie. On est tout juste au début de mars, la semaine n’a été que pluie, vent et giboulées. Et puis voilà. Depuis le matin, le soleil est venu avec une intensité mate, une force tranquille.
- Un matin, le printemps se donne Je sais bien, je sais bien qu’il va s’en aller Mais j’ai tellement mieux que l’automne à rêver.
- Le temps, ainsi, nous donne l’image de ce que nous sommes en droit d’espérer, et nous aide à éprouver, en ces jours pluvieux, notre froid sentiment de l’hiver : comme si le soleil et la pluie ne faisaient pas partie de ce monde naturel, que nous regardons comme s’il était un miroir de l’âme.
- Chaque saison est la pensée de celle qui la précède. L’été vérifie les gestes du printemps.
- Quand au mois de mars, je le dis sans arrière-pensée politique, ça m’étonnerait qu’il passe l’hiver.
- La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. Elle faisait l’amour, donnait naissance, et se propageait par le feu.
- Plus ne suis ce que j’ai été, et ne le saurais jamais être; Mon beau printemps et mon étéOnt fait le saut par la fenêtre.
- Dans la grisaille du présent, nous attendons un jour nouveau, une vie nouvelle, un printemps nouveau, une rédemption, un rachat, une revanche, une révolte.
- Gardons-nous, pourtant, de trop céder à la tentation de la généralisation. Dans la pire des époques, sous la condition la plus vile, la femme a vu chaque année naître le printemps.
- Dans l’âme unie à Dieu, c’est toujours le printemps.
- Nos histoires se vengent bien de nous. Nous ne savons pas tout de suite que l’amour meurt comme une saison. Ce printemps-ci est plus fulgurant que tous les printemps passés de ce pays.