Le temps, ainsi, nous donne l’image de ce que nous sommes en droit d’espérer, et nous aide à éprouver, en ces jours pluvieux, notre froid sentiment de l’hiver : comme si le soleil et la pluie ne faisaient pas partie de ce monde naturel, que nous regardons comme s’il était un miroir de l’âme.
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- Voilà le miroir où la nature nous présente ce que l’avenir nous préserve après la mort. Y voit-on apparaître quelque image horrible, quelque sujet de deuil ? N’est-ce pas un état plus paisible que n’importe quel sommeil ?
- Il faut que le soleil se montre à nous comme le miroir des roses pour demeurer le soleil; l’ancolie, comme un rideau de sable.
- L’orgueil est un miroir devant lequel nous faisons passer nos actions et celles des autres. Nous avons soin de ternir la glace, quand nous craignons de la trouver trop fidèle.
- Un miroir à nos yeux distraits - Vient-il offrir notre grimace ? - Il ne faut pas briser la glace, - Mais, s’il se peut, changer nos traits.
- Notre vie est un voyage dans l’hiver et dans la nuit nous cherchons notre passage dans le ciel ou rien ne luit.
- J’ai compris pourquoi nous faisons pleurer les violons. Nous sommes un peuple du soleil et si nous sommes venus jusque dans les brumes, c’est seulement pour chercher refuge et nourriture.
- Le monde nous gratifie de peu de chose à présent, il semble n’être que vacarme et angoisse; cependant l’herbe et les arbres continuent de pousser. Et même si un jour la terre entière est recouverte de blocs de béton, la grand ballet des nuages se poursuivra dans le ciel; ici et là des hommes continueront d’ouvrir grâce à leur art la porte d’accès au divin.
- Il faut imaginer un sale temps par une nuit polaire. C’est à ça qu’elles ressemblent nos belles journées.
- L’idée du temps, à elle seule, est le commencement du regret. Le regret, le remord, c’est la solidarité du présent avec le passé : cette solidarité a toujours sa tristesse pour la pensée réfléchie, parce qu’elle est le sentiment de l’irréparable.
- Lorsque nous sommes attentifs, profondément en contact avec le moment présent, notre compréhension de ce qui se passe s’approfondit et nous commençons à être remplis d’acceptation, de joie, de paix et d’amour.
- Les bons moments venaient toujours après la pluie... En petite culotte, jupon brodé... Les plus beaux yeux du monde sont ceux de l’amour. Et je parle surtout du physique, ce par quoi tout commence et tout s’achève.
- Un écrit lié au temps est comme un sentier dans la neige : on ne s’en sert qu’en hiver; le printemps l’emporte et en été il n’existe plus, on n’en a pas besoin, alors on l’oublie.
- Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose; on redoute l’hiver.
- Notre vie est comme une journée d’hiver; nous naissons entre minuit et une heure du matin le jour ne point pas avant huit heures, et il n’est pas encore quatre heures de l’après-midi qu’il fait nuit de nouveau; à minuit vient la mort.
- C’est le "presque" qui compte, et le conditionnel. Sur le coup, ça semble une folie. On est tout juste au début de mars, la semaine n’a été que pluie, vent et giboulées. Et puis voilà. Depuis le matin, le soleil est venu avec une intensité mate, une force tranquille.