J’ai compris pourquoi nous faisons pleurer les violons. Nous sommes un peuple du soleil et si nous sommes venus jusque dans les brumes, c’est seulement pour chercher refuge et nourriture.
Image : J’ai compris pourquoi nous faisons pleurer...

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- Et notre monde d’abondance est si pauvre que toute créature vivante y attache le plus grand prix à la nourriture, lutte pour elle et, encore aveugle, cherche les mamelles de sa mère.
- La joie est tributaire de la souffrance. La souffrance est partie de la joie. Quand nous avons faim, songez comme la nourriture nous paraît bonne !
- Les nouvelles amours sont à leur naissance comme les jeunes oiseaux, qui n’ont besoin d’abord que de chaleur et d’être couvés; ce n’est que plus tard qu’il leur faut de la nourriture.
- Je reste seul à me consumer dans le noir - quand le soleil dérobe au monde sa lumière - D’autres, c’est par plaisir qu’ils s’étendent à terre, - moi, c’est dans mon malheur pour gémir et pleurer.
- Automne canadien. Ardente et transparente agonie des feuillages : le baiser du soleil après la morsure du gel. Puisse notre mort ressembler à celle de ces feuilles d’érable : se laisser successivement briser par la douleur et transfigurer par la grâce...
- Le temps, ainsi, nous donne l’image de ce que nous sommes en droit d’espérer, et nous aide à éprouver, en ces jours pluvieux, notre froid sentiment de l’hiver : comme si le soleil et la pluie ne faisaient pas partie de ce monde naturel, que nous regardons comme s’il était un miroir de l’âme.
- On supporte mal que le soleil des autres nous fasse de l’ombre.
- C’est à partir du jour où l’on peut concevoir un autre état de choses qu’une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu’elles sont insupportables.
- J’ai senti dans mes mains un animal immonde, Échappé à la nuit d’une affreuse forêt, et je vis que c’était le mal dont tu mourais, que j’appelle en riant la tristesse du monde.
- Pourquoi nous disputer la montagne ou la plaine ? Notre tente est légère, un vent va l’enlever; La table où nous rompons le pain est encor pleine, que la mort, par nos noms, nous dit de nous lever !
- On a beau reconnaître que nos joies sont fabriquées de chimères, elles ont quand même cet avantage de nous réconforter comme des rayons de soleil. Et pourvu que l’on se sente rayonnant, on ne regarde plus de quel côté vient la lumière.
- Pourquoi aimons-nous tant les feuilles mortes alors qu’elles sont le signe de notre fin, sinon parce que nous avons profondément besoin d’être menés loin du monde ?
- L’amour est la seule chose qui donne un sens à nos pauvres allées et venues sur terre : pas précisément une trouvaille, je le crains. Tu vas me croire fou, mais c’est de cette manière que je bois aussi, comme absorbant un éternel sacrement.