Du bois mort est celui où il ya le plus de matière consacrée à la mémoire. Et la mémoire et l’habitude sont les fourriers de la mort.
Écrivain, 1873-1914Du bois mort est celui où il ya le plus de matière consacrée à la mémoire. Et la mémoire et l’habitude sont les fourriers de la mort.
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Source secondaire
Œuvres en prose, 1909-1914, p. 1404
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Comme le souvenir que laisse un mort est supérieur à sa vie ! Il n’y a pas de déchets.
La mort est un clou en or dans le bois de la vie.
La mort est le compagnon fidèle de l’alpiniste. On y pense sans cesse, on la côtoie, il faut s’y habituer.
Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
La mort ne nous livre pas seulement aux vers, mais aussi aux hommes, ils rongent une mémoire, ils la décomposent.
La mémoire est la peur de la mort.
Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. (…) Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
La civilisation implique qu’on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
La mémoire, c’est la vie, c’est notre cohérence.
Une visite de condoléances, ma petite-fille, cela apprend à vivre, à se tenir. À oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.

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