Les ressources suprêmes sortent des résolutions extrêmes. S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut.
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- Paix à ce mort qui prie et qui vide ses haines Dans le sein du Seigneur et qui redevient beau. Ne trouble pas ce coeur qui des prisons humaines S’est évadé dans le tombeau.
- Ô peuples, détrônez l’échafaud !... Lève-toi, sainte émeute de la vie contre la mort !
- C’est dépôt de bilan, la mort. Ou plutôt un dépôt de corps.
- Hauts et bas, c’est la route ordinaire du deuil. Le survivant, pendant des semaines, ressuscite son mort comme il peut jusqu’à ce que la vie, à l’usure, gagne la partie et renvoie définitivement le défunt à sa tombe.
- Du bois mort est celui où il ya le plus de matière consacrée à la mémoire. Et la mémoire et l’habitude sont les fourriers de la mort.
- Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
- Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
- La mort, c’est ce qui permet à un homme de se retirer subitement du monde pour aller définitivement se mettre aux vers.
- La vie est ainsi faite que, pour la supporter, il faut chaque jour la déposer pour reprendre haleine, et se restaurer par un avant-goût et comme une petite part de mort.
- Une visite de condoléances, cela apprend à vivre, à se tenir. A oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
- Les grands chargent leurs sépultures - De cent éloges superflus : - Passant, en peu de mots voici mon aventure : - Ma naissance fut très obscure, - Et ma mort l’est encore plus.
- La mort est un vaisseau porté par les mains des jeunes filles ni belles ni laides qui passent et repassent dans une maison en ruine, sous le regard incrédule et méfiant de celui qui, d’une main sûre, repousse cette image.
- Nous devons oublier nos morts en tant que morts, mais il nous est permis de suivre leur modèle et de perpétuer leurs œuvres, le reste n’est que simagrées.
- A la mort d’un ancien, on est comme sur une écluse : on change de niveau.
- Lorsque la mort a égalisé les fortunes, une pompe funèbre ne devrait pas les différentier.