La mort est un vaisseau porté par les mains des jeunes filles ni belles ni laides qui passent et repassent dans une maison en ruine, sous le regard incrédule et méfiant de celui qui, d’une main sûre, repousse cette image.
ÉcrivainLa mort est un vaisseau porté par les mains des jeunes filles ni belles ni laides qui passent et repassent dans une maison en ruine, sous le regard incrédule et méfiant de celui qui, d’une main sûre, repousse cette image.
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Jour de silence a Tanger
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L’horreur, ce n’est pas la mort, mais la vie que mènent les gens avant de rendre leur dernier soupir.
La mort : une griffe. Qui refuse de lâcher sa proie.
La mort a un double aspect : elle est le non-être. Mais elle est aussi l’être, l’être atrocement matériel du cadavre.
L’eau est l’élément de la mort jeune et belle, de la mort fleurie, et, dans les drames de la vie et de la littérature, elle est l’élément de la mort sans orgueil ni vengeance, du suicide masochiste.
Telle vie telle mort.
Vivre, c’est repousser quelque chose qui veut mourir.
La mort prends les gros richards qui se la pètent, les petits marrants qui contrepètent, et même les qui-sont-bien -montés.
Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
Le deuil, c’est essayer de mettre du sens là où il n’y en a pas. Les humains ne peuvent pas vivre tant qu’ils n’arrivent pas à donner une justification à cette énigme qu’est la mort.
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

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