- Pour qui s’emmerde au trou perdu, la mort du voisin ranime toujours un peu la vie, mettant la joie dans les chaumières où le père noue sa cravate noire des cimetières en fredonnant des javas usées.
- Sa tête est devenue un globe de sang où, dans l’oeil gauche, rit la mort songeuse. Des avalanches au visage, des cratères mieux que fous, pis que hasardeux. Mutilation des traits, énucléation...
- Voilà la vraye cause qui l’incita à conspirer et machiner la mort de la royne.
- Ainsi d’autres partent en mer, d’autres se font fils de leurs oeuvres, d’autres finissent de s’arracher les yeux aux livres, d’autres s’absentent au monde, d’autres s’enfouissent dans l’orient populeux, d’autres s’injectent la mort, d’autres se pendent à leur famille.
- Le théâtre tragique a le grand inconvénient moral de mettre trop d’importance à la vie et à la mort.
- Nous avançons dans la vie avec des mains rougies de criminel. Le déluge de notre mort les blanchira.
- Il faudrait nous comparer à un condamné à mort qui se prépare bravement au dernier supplice, qui met tous ses soins à faire belle figure sur l’échafaud et qui, entre-temps, est enlevé par une épidémie de grippe espagnole.
- Allan trouvait incompréhensible que les gens aient envie de s’entretuer au XVIIe siècle. S’ils avaient patienté un peu, ils seraient mort de toute manière.
- Personne ne possède sa propre histoire. Quelqu’un d’autre peut arriver et s’en emparer, comme un coucou s’approprie un nid. Et les histoires ont une vie après la mort, aussi.
- L’attrait du cinéma se trouve dans la peur de la mort.
- La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin.
- La ville arabe d’Alger est pleine d’agitation nocturne. Dès que le soir vient, tunis est mort. Les petites rues étroites, tortueuses, inégales, semblent les couloirs d’une cité abandonnée, dont on a oublié d’éteindre le gaz, par places.
- La vie n’était pas si gaie ! La religion a fait de la mort quelque chose de terrible et d’absurde.
- Rezala nous a fait le coup de la «mort subite» dans sa cellule de Lisbonne pendant le match France-Portugal. Lui non plus, il n’était pas fait pour les prolongations...
- Un peu profond ruisseau calomnié la mort.
- Les grands chargent leurs sépultures - De cent éloges superflus : - Passant, en peu de mots voici mon aventure : - Ma naissance fut très obscure, - Et ma mort l’est encore plus.
- La pâle mort frappe d’un pied indifférent les masures des pauvres et les palais des rois.
- A la suite d’un drame qui a entrainé la mort de deux cent personnes et la destruction d’une ville entière, il est si facile d’oublier un simple détail : nous étions des enfants. Des enfants qui s’efforçaient de faire de leur mieux...
- Vous avez dans Paris un Hôtel-Dieu où règne une contagion éternelle, où les malades entassés les uns sur les autres, se donnent réciproquement la peste et la mort.
- La mort, gendarme féroce, est inflexible dans ses arrêts.
- L’adulte est mort. La cruauté des cours de récré règne aujourd’hui dans les bureaux feutrés des multinationales.
- Après seize ans de mariage, je ne reconnaissais plus cet homme. J’étais médusée de constater qu’on pouvait changer du jour au lendemain. Qu’une eau tranquille pouvait engendrer la plus tragique des inondations.
- Lorsqu’un bon crime éclate, le tirage des journaux triple.
- Le prix que nous payons pour les apparences de confort et de progrès offertes par le monde occidental est bien trop grand. Ce prix, c’est la mort : non pas seulement la petite mort, mais le carnage à grande échelle.
- Le choc avait été très rude. Les tribuns - Et les centurions, ralliant les cohortes, - Humaient encor, dans l’air où vibraient leurs voix fortes, - La chaleur du carnage et ses âcres parfums.
- Le voyage du héros, du narrateur, c’est aussi un voyage au bout de lui-même, au bout de l’humain.
- Le comédien qui a un trou n’est pas forcément pénétré par son personnage.
- Affreuse nudité de l’homme dans l’orage La catastrophe arrive alors qu’il somnolait Ou que sans se presser il rentrait le fourrage Et sur le feu la femme oublie alors le lait.
- Le lecteur de « Mein Kampf » doit donc se souvenir des crimes contre l’humanité qui ont été commis en application de cet ouvrage, et réaliser que les manifestations actuelles de haine raciale participent de son esprit.
- Si le lecteur est scandalisé de toutes les badineries qu’il a vue dans ce livre, il fera fort bien de n’en lire pas davantage...
- Que voit-on dans les comédies du grand Molière ? La sainte institution du mariage (style de catéchisme et de journaliste) bafouée et tournée en ridicule à chaque scène.
- Le fiacre venait en effet de dégorger, au seuil de l’édifice, des collégiens en goguette qui avaient besoin de voir la mort pour y croire.
- Il avait le visage fermé des gens chez qui l’étonnement a coupé net l’élan de la fureur et qui dévorent leur rage en silence.
- La vie est un court métrage dans laquelle chacun fait son scénario.
- Dans la salle illuminée du restaurant, l’amaigrissement, la mauvaise mine d’Antoine, le frappèrent davantage encore.
- Et ce qu’on ne voyait pas, ça faisait toujours plus peur.
- Ce n’est pas tant l’horreur du meurtre qui l’épouvantait : il avait peur du cadavre.
- Ces vols n’avaient que le vol pour mobile. Il ne s’y mêlait ni lucre ni goût du fruit défendu. Il suffisait de mourir de peur. Les enfants sortaient des magasins où ils entraient avec l’oncle, les poches pleines d’objets sans valeur.
- Si la masse était émotive, il n’y aurait plus de guerres, plus de boucheries. Les moments émus de la masse tournent vite à l’hystérie, à la sauvagerie, au pillage, au sacrifice.
- Ci-gît Chrzanowski Lionel - Qui de son vivant - Gagna de l’argent avec la mort - Moralité : - Le crime ne paie pas - Mais la mort rapporte.