Affreuse nudité de l’homme dans l’orage La catastrophe arrive alors qu’il somnolait Ou que sans se presser il rentrait le fourrage Et sur le feu la femme oublie alors le lait.
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- Lorsqu’un peuple s’enfuit devant l’envahisseur Il laisse sur ses pas les ruines de sa vie Une salle de bal à l’aube sans danseurs La table du repas qu’on n’a pas desservie.
- II y aura toujours un couple frémissant Pour qui ce matin-là sera l’aube première II y aura toujours l’eau le vent la lumière Rien ne passe après tout si ce n’est le passant.
- L’homme qui s’attache à cueillir les plaisirs comme des fleurs, est saisi par la mort qui l’emportera comme un torrent débordé emporte un village endormi.
- Ah, vous pouvez le dire, les poêles Godin, il n’y a rien de tel, ça vaut le chauffage central. Ca ne s’éteint jamais. On les bourre le soir, le matin il n’y a qu’à vider les cendres.
- Notre corps est une demeure dont - avec l’âge - il faut condamner des pièces faute de pouvoir les chauffer toutes.
- Quand il n’y a plus dans le noir qu’un sexe ouvert, l’odeur du naufrage arrive : catastrophe liquide, rumeur définitive, dure comme une porte claquée, où l’espoir, enfin, démord et disparaît.
- Endurcissez-le à la sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hasards qu’il lui faut mépriser; ôtez-lui toute mollesse et délicatesse au vêtir et coucher, au manger et au boire; accoutumez-le à tout.
- Nous étions quinze sur le coffre à l’homme mort Yo - ho - ho ! Et une bouteille de rhum ! La boisson et le diable ont emporté les autres, yo - ho - ho ! Et une bouteille de rhum !
- Un fou brame dans la nuit, qui bande comme un cerf, Ô mort je suis ce cerf, que dévorent les chiens, la mort éjacule en sang.
- Les hommes savent les désastres que certains mots déclenchent dans le coeur des filles : et nous, pauvres idiotes, nous pâmons et tombons dans le piège, excitées qu’un homme nous en ait enfin tendu un.
- C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
- Seuls la mort et le sommeil innocentent les hommes. La naissance fait de nous des païens, et la vie des carnassiers ou des puceaux.
- On s’arrête à une pompe alors que l’on a même pas besoin d’essence, on rencontre quelqu’un et la vie déraille. Non, le destin n’est pas cruel. Il est bête à pleurer.
- Il y a des familles dont les membres sont réduits à s’entortiller ensemble pendant la nuit faute de couverture pour se réchauffer.