Notre corps est une demeure dont – avec l’âge – il faut condamner des pièces faute de pouvoir les chauffer toutes.
Source : Afin de vivre bel et bien (1970)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Notre corps est une demeure dont – avec l’âge – il faut condamner des pièces faute de pouvoir les chauffer toutes.
Source : Afin de vivre bel et bien (1970)
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Le corps est la source de l’horreur chez les êtres humains. C’est le corps qui vieillit ; c’est le corps qui meurt.
Une maison n’est pas un chez-soi à moins qu’il n’y aie de la nourriture et du feu pour l’esprit aussi bien que pour le corps.
Ne pas honorer la vieillesse, c’est démolir le matin la maison où l’on doit coucher le soir.
Quand nous sommes jeunes, nous couchons pour la vieillesse ; quand nous sommes vieux, nous épargnons pour la mort.
Allons ! Encore quelques siècles, et on nous appellera le moyen âge. Il faut avouer que nous ne l’aurons pas volé.
Ecoute, on n’est pas maître de soi-même, amoureux comme je suis de toi, et vieux. On est jaloux, on est méchant ! Pourquoi ? Parce que l’on est vieux. Parce que beauté, grâce, jeunesse, dans autrui, tout fait peur, tout menace.
Il y a des familles dont les membres sont réduits à s’entortiller ensemble pendant la nuit faute de couverture pour se réchauffer.
Nous sommes jusqu’au bout l’enfant de notre corps. Un enfant déconcerté.
Ne pourrions-nous pas faire interdire un objet de dépeuplement, le lit. En effet, sur cent personnes qui meurent, quatre-vingt-dix passent de vie à trépas dans un lit !
Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est environnée d’un sommeil.

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