Ne pourrions-nous pas faire interdire un objet de dépeuplement, le lit. En effet, sur cent personnes qui meurent, quatre-vingt-dix passent de vie à trépas dans un lit !
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- Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier.
- On compte la durée de la vie par le nombre des années qu’on a vécu, on devrait n’en compter la durée que par l’usage qu’on en fait; tel meurt à cent ans, qui n’a pas commencé à vivre.
- Nous faisons une situation fausse aux morts en les raccrochant à la vie. C’est leur enlever, s’ils en ont une, leur liberté de mort.
- On ne vit pas dans l’absolu. Nul homme n’est coulé d’une seule pièce. Même un robot connaît la panne. Sans contradictions il n’y a pas de vie.
- Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort ?
- Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
- La mort est plus abjecte, plus languissante et pénible dans un lit qu’en un combat, les fièvres et les catarrhes autant douloureux et mortels qu’une arquebusade.
- En même temps, si on était mort, on ne pourrait pas se plaindre de la vie.
- Vivre éternellement serait aussi difficile - me semble-t-il - que dormir toute la vie.
- La moindre imprudence peut nous coûter la vie, et pire encore : la liberté !
- Il faut bien admettre que l’espèce humaine est conduite par des hommes à moitié fous. Espérons que les femmes sauront un jour se réveiller pour préserver la Vie.
- Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est environnée d’un sommeil.
- La vie en soi, pour elle-même, n’est pas sacrée : il faudra bien s’habituer à cette terrible nudité métaphysique.