Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort ?
1912-1991Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort ?
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Le seuil, le sable
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Je me dirais : tout ne finit pas pour nous avec la vie, tout rentre dans l’ordre à la mort.
Attention, immortel, on ne l’est que pour la vie.
Je guette ton souffle, ma main t’effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.
Mais que faire de cette force permanente en nous, de cette force qui aspire, et qui aspire toujours ?
On peut tout dominer : la douleur, la maladie, il n’y a que la mort qui vous échappe… Et encore !
Sans illusions à perpétuité, que serions-nous donc ? C’est l’espoir qui nous mène, qui nous tient en vie.
On a mal regardé la vie, quand on n’a pas aussi vu la main qui tue en gant de velours.
Qui n’a le cœur de souffrir ni la mort ni la vie, qui ne veut ni résister ni fuir, que lui ferait-on ?
Une vie entre les mains des autres, est-ce encore une vie ?
Ma vie est comme une plume sur le dos de ma main, attendant le vent de la mort.

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