Qui n’a le cœur de souffrir ni la mort ni la vie, qui ne veut ni résister ni fuir, que lui ferait-on ?
Philosophe, 1533-1592 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Qui n’a le cœur de souffrir ni la mort ni la vie, qui ne veut ni résister ni fuir, que lui ferait-on ?
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Source vérifiée
Essais (1595), livre I, chapitre 40
Le texte original diffère de quelques mots.
… Mais àqui n’a le cœur de souffrir ni la mort ni la vie, qui ne veut ni résister ni fuir, quepeut-on faire pour lui venir en aide?
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Si ce qui bat en nous était vraiment notre cœur, il ne mourrait pas pour nous abattre du même coup.
Toute souffrance est lâche : elle recule devant la puissance du vouloir-vivre qui est ancré plus fortement dans notre chair que toute la passion de la mort ne l’est dans notre esprit.
Désir, volonté, force, tout manque au cœur qui se méprise.
On peut tout dominer : la douleur, la maladie, il n’y a que la mort qui vous échappe… Et encore !
Il ne faut pas de courage pour mourir. En revanche, il faut du cran pour vivre.
Aimez et souffrez, espérez et contemplez. Malheur, hélas ! à qui n’aura aimé que des corps, des formes, des apparences ! La mort lui ôtera tout. Tâchez d’aimer des âmes, vous les retrouverez.
Pas de cri, pas de souffle, pas d’éternité, on s’aime et on s’en tient là, l’amour sans y toucher, l’amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur.
Aimer la vie c’est repousser les êtres qui veulent mourir.
On ne peut pas aimer la mort si elle vous est imposée du dehors. Vous croyez pleurer de ne pas aimer. Vous pleurez de ne pas imposer la mort.
Quel cœur ne devrait pas brûler de prêter son aide.

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