On a mal regardé la vie, quand on n’a pas aussi vu la main qui tue en gant de velours.
Écrivain, 1844-1900 Image : Friedrich Hermann Hartmann, Domaine public, Wikimedia Commons On a mal regardé la vie, quand on n’a pas aussi vu la main qui tue en gant de velours.
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Source secondaire
Par-delà le bien et le mal (1886), partie IV, chapitre « Maximes et intermèdes », § 69, p. 152
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À force de côtoyer la mort et le milieu médical, on finissait par se négliger soi-même.
Quand on regarde longuement un mort, on finit toujours par discerner d’imperceptibles mouvements sur son visage. Cette illusion doit tenir au fait que nous n’arrivons pas à nous résigner à son irrémédiable immobilité.
Le tragique de la vie, c’est que nous ne savons guère tirer parti des instants favorables.
On se cache et l’on ment. N’ayant pu prévenir le vice, nous voici déjà dans le cas de le punir : voilà les misères de la vie humaine, qui commencent avec ses erreurs.
Là où la vie n’avait aucune valeur, la mort avait parfois son prix. C’est pourquoi les tueurs de primes sont apparus.
Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
Il paraît qu’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.
Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort ?
L’indifférent n’éprouve jamais l’envie de tuer. L’assiette vide, il la repousse, et s’en va. L’enragé fixe la sienne d’un œil sombre, et reste, même pitoyable, même ridicule. Ces amours-propres ne l’atteignent plus.
Tout le mal dans cette vie provient d’un défaut d’attention à ce qu’elle a de faible et d’éphémère.

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