Nous faisons une situation fausse aux morts en les raccrochant à notre vie. C’est leur enlever, s’ils en ont une, leur liberté de mort.
Romancier, 1882-1944 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Nous faisons une situation fausse aux morts en les raccrochant à notre vie. C’est leur enlever, s’ils en ont une, leur liberté de mort.
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Source vérifiée
Électre (1937), acte I
Le texte original diffère de quelques mots.
ÉGISTHE. – Tu n’es pas la seule à pleurer ton père. Mais il ne demande pas que ton deuil soit une offense aux vivants.Nous faisons une situation fausse aux morts en les raccrochant à notre vie. C’est leur enlever, s’ils en ont une, leur liberté de mort.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La mort est l’aînée, la vie sa cadette ; nous, humains, avons tort d’opposer la mort à la vie.
La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre.
Ce n’est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s’affaiblit, c’est parce que nous mourons nous-mêmes.
C’est dégueulasse la mort, ceux qui disent le contraire… Sont des foutus menteurs.
La mort, dit-on, nous acquitte de toutes nos obligations.
On n’a droit de faire mourir, même pour l’exemple, que celui qu’on ne peut conserver sans danger.
Ce n’est pas très gai de se suffire à soi-même. On marche sur les morts. On contemple son destin face à face, sans aucun voile comme font les imbéciles.
Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
La vie, sur Terre, est en train de mourir. L’ampleur du désastre est à la démesure de notre responsabilité. L’ignorer serait aussi insensé que suicidaire. Plus qu’une transition, je pense qu’il faut une révolution.
Il n’est pas de bonnes blessures pour la liberté, elles sont toutes mortelles.

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