La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre.
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Réflexions et Maximes (1857), n° 143
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L’une des plus grandes illusions consiste à oublier que la vie est captive de la mort.
La mort, c’est un sommeil où l’individualité s’oublie.
Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
Seul penser la mort apprend à vivre ; ce qui se lit aussi à l’envers : seul penser la vie apprend à mourir.
On n’est pas d’accord avec la vie tant qu’on n’est pas d’accord avec la mort.
Je crois, toutes réflexions faites, qu’il ne faut jamais penser à la mort ; cette pensée n’est bonne qu’à empoisonner la vie ; la grande affaire est de ne point souffrir.
Nous faisons une situation fausse aux morts en les raccrochant à notre vie. C’est leur enlever, s’ils en ont une, leur liberté de mort.
À force de côtoyer la mort et le milieu médical, on finissait par se négliger soi-même.
La mort, c’est la fin des opinions. Mourir, c’est troquer nos opinions contre un point de vue. (Imprenable, le point de vue !).

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