Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
Écrivain, 1768-1848Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
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Mémoires d’outre-tombe (1848), Appendice, tome 1, chapitre 12
… De toutes les parties de la forêt les chauves-souris accrochées aux feuilles élèvent leurs chants monotones: on croit ouïr des glas continus, ou le tintement funèbre d’une cloche.Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
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C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort – et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
La mort, c’est juste un peu de vie qui bascule, tout-à-coup.
La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre.
Seul penser la mort apprend à vivre ; ce qui se lit aussi à l’envers : seul penser la vie apprend à mourir.
La mort, c’est la fin des opinions. Mourir, c’est troquer nos opinions contre un point de vue. (Imprenable, le point de vue !).
Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
La vie s’exprime par des parenthèses. La mort par un point.
La pensée de la mort tient le croyant éveillé.
Si nous admettons comme un fait expérimental ne souffrant aucune exception que tout ce qui vit retourne à l’état inorganique, meurt pour des raisons internes, nous pouvons dire : la fin vers laquelle tend toute vie est la mort.
Je me dirais : tout ne finit pas pour nous avec la vie, tout rentre dans l’ordre à la mort.

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