C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort - et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
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- Si par miracle la peur de la mort disparaissait, la vie n’aurait plus aucun moyen de défense : elle serait à la merci de notre premier caprice.
- Tout ce qui nous gêne nous permet de nous définir. Sans infirmités, point de conscience de soi.
- Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
- On envisage la mort avec sérénité si, au moment de mourir, on peut être fier de sa vie. Une vie qui s’est entièrement vouée à la pratique de la vertu n’est jamais trop courte.
- Mais que c’est bon aussi de mourir ! Alors que c’est bien fini et que s’étend sur nous peu à peu - L’obscurcissement comme d’un ombrage très obscur.
- Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
- Et je trouve par expérience que c’est plutôt l’impatience de l’imagination de la mort qui nous rend impatients de la douleur, et que nous la sentons doublement griève de ce qu’elle nous menace de mourir.
- Nous sentons l’urgence de tout ce que nous vivons sur fond de notre propre mort.
- La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L’infini n’est-il pas le secret des grandes mélancolies ?
- La mort en soi est quelque chose de fatal, de totalement obscène à tous points de vue, et elle est aussi la solution de l’impossible dans certaines circonstances.
- Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
- La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.
- C’est le propre des gens normaux que de considérer la mort comme surgissant de l’extérieur, et non comme une fatalité inhérente à l’être. L’une des plus grandes illusions consiste à oublier que la vie est captive de la mort.
- Je crois, toutes réflexions faites, qu’il ne faut jamais penser à la mort; cette pensée n’est bonne qu’à empoisonner la vie; la grande affaire est de ne point souffrir.
- L’avantage qu’il y a à se pencher sur la vie et la mort, c’est de pouvoir en dire n’importe quoi.