Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Pensées (1670), Pensées, section VII
… on croit voir les espaces, les figures, les mouvements; on sent couler le temps, on le mesure; et enfin on agit de même qu’éveillé; de sorte que, la moitié de la vie se passant en sommeil, par notre propre aveu, où, quoi qu’il nous en paraisse, nous n’avons aucune idée du vrai, tous nos sentiments étant alors des illusions,qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir?
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Il faut croire qu’il est vrai que toute la seconde moitié de la vie humaine n’est faite d’ordinaire que des habitudes contractées pendant la première.
On passe la moitié de sa vie à retenir sans comprendre, et l’autre moitié à comprendre sans retenir.
J’ai calculé, grosso modo, que nous passons un tiers de notre vie à dormir, un tiers à courir derrière la viande, et tout le reste à mastiquer. Où prendre le temps pour méditer ?
Vivez éveillé et vous aurez eu une plus belle vie que le somnambule.
L’expression vie commune veut tout dire : on vit une seule vie pour deux. Alors forcément vient un moment où l’on se sent à l’étroit dans cette moitié de vie.
Il ne s’agit pas de multiplier à l’infini les expériences de vie, il suffit d’oser vivre à temps plein chacune de nos vies.
Parfois, je me demande si nous vivons la vie en revivant la vie, plutôt qu’en vivant la vie.
C’est effrayant : être en vie, cela signifie avant tout se demander si oui ou non on sera encore en vie sans une heure.
On a tous en nous une petite parano, on pense que la vie des autres est mieux, alors que ce n’est pas vrai.
Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil.

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