J’ai calculé, grosso modo, que nous passons un tiers de notre vie à dormir, un tiers à courir derrière la viande, et tout le reste à mastiquer. Où prendre le temps pour méditer ?
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- Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier.
- Il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie; les gestes du matin, par exemple, les premiers au sortir du lit.
- Lire, rêver, dormir : ces trois grandes jouissances de la vie consistent à s’absenter de la vie.
- Vivre éternellement serait aussi difficile - me semble-t-il - que dormir toute la vie.
- Quand on aime la vie, on dort.
- Le sommeil est dans la vie le seul monde à nous, car la veille nous plonge dans l’illusion commune, dans l’océan de ce qu’on nomme réalité.
- Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil.
- On compte la durée de la vie par le nombre des années qu’on a vécu, on devrait n’en compter la durée que par l’usage qu’on en fait; tel meurt à cent ans, qui n’a pas commencé à vivre.
- Mieux vaut étudier que jeûner tout un jour et veiller toute une nuit pour méditer en vain.
- Soixante-trois ans. Vouloir la vie comme si j’en avais trente. Un sac à dos épuisant. Des bouts de santé qui foutent le camp. Etre au mieux avec la mémoire. En couleurs ou noir et blanc. Selon le bouleversement.
- Les doctrinaires ont cela de bon qu’ils réveillent, par contraste, certaines facultés que l’usage et l’expérience de la vie affaiblissent en nous.
- Nos coeurs sont des affamés. Notre esprit ne connait pas le repos. La vie est belle à proportion qu’elle est féroce, comme nos proies.
- Veille autant que tu peux; et, fuyant la mollesse, des douceurs du repos n’use que sobrement; Car le trop long sommeil engendre la paresse, qui sert au vice d’aliment.
- Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est environnée d’un sommeil.
- Il faut dévorer la vie.