Soixante-trois ans. Vouloir la vie comme si j’en avais trente. Un sac à dos épuisant. Des bouts de santé qui foutent le camp. Etre au mieux avec la mémoire. En couleurs ou noir et blanc. Selon le bouleversement.
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- En vertu de quoi devons-nous traîner, tout au long de notre vie adulte, le souvenir marqué au fer rouge de nos premiers balbutiements ?
- Au balcon d’un sixième : c’est là que j’aurais dû passer toute ma vie. Il faut étayer les supériorités morales par des symboles matériels, sans quoi elles retombent.
- L’homme qui voit à 50 ans le monde comme il le voyait à 20 a gaspillé 30 ans de sa vie.
- Je sens dans l’air de grandes mains blanches et avides qui tâchent de saisir à la gorge et de vider de toute vie quiconque cherche à vivre, à vivre au-delà de l’argent.
- La perspective de travailler avec des personnes âgées m’emballait à peu près autant que d’embrasser une araignée, mais c’était une question de survie.
- J’avais 44 ans, la vie sociale d’un guéridon, une vie amoureuse frappée du syndrome de Guillain-Barré et je pratiquais avec application et rigueur un métier estimable mais pour lequel je n’étais pas fait.
- Si quelqu’un voulait photographier ma vie, il s’ennuierait en un jour.
- Mes mains étaient trop molles... Je devais trouver une occupation particulière, une sorte de travail qui ne me forcerait pas à me détourner du ciel et des étoiles, ce qui me permettrait de découvrir le sens de la vie.
- Peut-être était-ce la vie, tout simplement ? Redevenir sans cesse orphelin. On devrait nous le dire à la naissance : mets ton coeur dans une valise, prépare-toi à voyager.
- La cinquantaine, c’est l’adolescence qui revient de l’autre côté de la vie adulte - le serre-livres correspondant - avec ses troubles de l’identité, ses mauvaises surprises physiques et la force qu’il faut pour s’en accommoder.
- La trentaine, l’âge où la vie ne s’évalue pas en rêves mais en réalisations.
- On vit, toute sa vie, sur les émotions, les sensations de ses vingt premières années. Ce sont les seules qui comptent. Les seules importantes, parce qu’elles te façonnent. Tu peux t’arrêter de vivre à vingt ans et avoir fait le plein de ta vie.
- Habiter dans la chambre chez tes parents quand t’as dépassé la barre de tes 24 ans donne vite le sentiment que la vie s’répète. Les vieux posters sur les murs crient : Défaite !
- Moi, je vis comme un bohémien. Je suis un fugitif. Il n’y a pas un lieu qui me semble habitable au-delà d’une certaine durée, pas même ma propre peau.
- Une seconde après ma mort, j’aurai oublié tous ces éléments qui ont fait ma vie. Cela n’empêche pas que, au cours de cette vie, l’itinéraire que j’aurai emprunté, les décisions que j’aurai prises importent.