Moi, je vis comme un bohémien. Je suis un fugitif. Il n’y a pas un lieu qui me semble habitable au-delà d’une certaine durée, pas même ma propre peau.
Image : Moi, je vis comme un bohémien....

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- Je sens dans l’air de grandes mains blanches et avides qui tâchent de saisir à la gorge et de vider de toute vie quiconque cherche à vivre, à vivre au-delà de l’argent.
- A mesure que je m’en éloigne, ma vie passée se dessine comme une île.
- C’était passer de nouveau à mes facultés les fers invisibles d’une vie uniforme et trop tranquille, d’une existence dont je devenais incapable d’apprécier même les privilèges, tels que la sécurité et l’aisance.
- Le manque d’argent est tellement le mystère de ma vie, même lorsque je n’en ai pas du tout, il a l’air de diminuer. Le manque d’argent est la forme de ma captivité.
- La solitude. Elle est mon moteur, mais aussi une malédiction. Je rencontre peu de gens. Je ne sors presque jamais. J’ai trop de soucis.
- Toutes les joies - animales et humaines - d’une vie libre sont à moi. J’ai échappé à tout ce qui est artificiel, conventionnel, coutumier.
- Alors pourquoi est-ce que je me sens si vide ? Je sais que je vivais dans un monde imaginaire, mais au moins, j’étais quelque part. Aujourd’hui, je ne suis nulle part.
- J’ai un désir profondément caché et inarticulé pour quelque chose au-delà de la vie quotidienne.
- Rien n’est droit dans l’existence. La vie ressemble à un immense terrain accidenté, parsemé d’obstacles, de virages et de détours, une sorte de labyrinthe bourré de pièges dans lequel la ligne droite n’existe pas.
- Je préfère la vie à la mort, exister à ne pas exister, car je ne suis pas sûr d’être une fois que je n’existerai plus.
- Il n’est pas naturel pour l’homme de brouiller les frontières, de remettre en question la fin de la vie, de tenter de communiquer avec l’invisible. Agir de la sorte relève plus de la démence que de la raison.
- Pour réussir ma vie privée je ne dois pas être seule. Surtout qu’on me laisse enfin tranquille.
- S’il n’existait pas d’êtres ou de valeurs pour lesquels je sois en quelque façon prêt à risquer cette vie, je serais un pauvre homme.
- Je ne peux pas vivre longtemps avec les êtres. Il me faut un peu de solitude, la part d’éternité.