Je ne peux pas vivre longtemps avec les êtres. Il me faut un peu de solitude, la part d’éternité.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Je ne peux pas vivre longtemps avec les êtres. Il me faut un peu de solitude, la part d’éternité.
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Source secondaire
Carnets III, mars 1951 - décembre 1959, p. 275
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Je suis un peu une personne de solitude – une personnalité solitaire. J’aime être seul. Je n’ai pas d’amitié ou de relations majeures avec les gens.
Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux il me manque quelqu’un a qui l’expliquer.
On est dans la solitude, n’importe en quel endroit, dès que l’on ne vit plus avec ce que l’on aime.
La solitude. Elle est mon moteur, mais aussi une malédiction. Je rencontre peu de gens. Je ne sors presque jamais. J’ai trop de soucis.
Je sens au moins que quiconque aime autant que moi la solitude doit craindre de s’y préparer des tourments.
Être seul, c’est comme ne plus faire partie de l’espèce humaine.
Je suis seul, capable encore et plus que jamais d’éprouver la passion. L’ennui, l’ennui que je cultive avec une rigoureuse inconscience pare ma vie de l’uniformité d’où jaillissent la tempête et la nuit et le soleil.
Moi, je vis comme un bohémien. Je suis un fugitif. Il n’y a pas un lieu qui me semble habitable au-delà d’une certaine durée, pas même ma propre peau.
Je ne me sens vivre qu’à partir de l’instant où je sens mon inexistence. J’ai besoin de croire à mon inexistence pour continuer à vivre.
Pour moi, le plus grand supplice serait d’être seul en paradis.

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