Si quelqu’un voulait photographier ma vie, il s’ennuierait en un jour.
Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
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Quand je commence à m’ennuyer, je vais risquer ma vie quelque part.
Pour moi, la vie peut bien demeurer solitaire. De ceux à qui j’ai été le plus attaché, je n’ai rien saisi de plus que des images dans un miroir.
La photographie est un instant qui ne se réfléchit pas, suspendue à une fraction de seconde qui laisse à réfléchir.
Je photographie pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage.
Que de gens ont voulu se suicider et se sont contentés de déchirer leur photographie !
Les photos portent cela : la vie passée et la mélancolie qui s’y attache.
J’affirme que, sans amour, on ne peut pas prendre de vraie photo. Moi, si j’aimais une seule et unique personne, je passerais ma vie à la photographier.
Soixante-trois ans. Vouloir la vie comme si j’en avais trente. Un sac à dos épuisant. Des bouts de santé qui foutent le camp. Être au mieux avec la mémoire. En couleurs ou noir et blanc. Selon le bouleversement.
On dirait que mon visage n’a pas encore fait de choix, qu’il n’a pas fini de se dessiner. Ce que je ne trouve pas joli chez moi, je me dis qu’un jour ce sera la beauté de quelqu’un.
Je suis une femme qui n’aime pas les photos (je n’en prends jamais), qui n’aime aucune image, gaie ou triste, susceptible de réveiller une émotion. Les émotions sont effrayantes. Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure.

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