Mieux vaut étudier que jeûner tout un jour et veiller toute une nuit pour méditer en vain.
PhilosopheAttribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
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J’ai calculé, grosso modo, que nous passons un tiers de notre vie à dormir, un tiers à courir derrière la viande, et tout le reste à mastiquer. Où prendre le temps pour méditer ?
On peut m’objecter que vivre la nuit, c’est compenser une solitude en s’entourant artificiellement d’autres solitudes. Je pense plutôt que c’est vouloir vivre plus intensément, grignoter des minutes éveillées sur la petite mort du sommeil, tenter d’avoir des journées de vingt-quatre heures, pousser la machine humaine à son maximum.
Jour et nuit ne cesse d’apprendre : La sagesse ne croit que par des soins constants ; Et la rare prudence, à laquelle on doit tendre, n’est que le fruit tardif du travail et du temps.
Dans la contemplation, l’être rêvant apprend à s’animer de l’intérieur, il apprend à vivre le temps régulier, le temps sans élan et sans heurt. C’est le temps de la nuit.
Veille autant que tu peux ; et, fuyant la mollesse, des douceurs du repos n’use que sobrement ; Car le trop long sommeil engendre la paresse, qui sert au vice d’aliment.
Fondamentalement, essentiellement, la méditation est un non-faire, un non-agir, un non-effort. Ceci ne doit jamais être oublié.
Rien n’assure mieux le repos du cœur que le travail de l’esprit.
Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime.
Aussi obsolète qu’elle puisse sembler, la lenteur est une vertu. Lire un livre, marcher à pas mesurés sur un chemin de campagne, méditer les arcanes d’un jeu subtil : ces actes silencieux et lents tricotent mieux notre bonheur que les trépidations.
L’habitude de l’usine sera peut-être devenue drogue : chaque jour dans cette mélasse, absorber une dose d’hébétude. Il aura peine à se défaire de cet abrutissement providentiel, de cette sensation quotidienne d’un corps tellement courbatu que chaque soir la pensée s’endort dans une terrible sérénité.

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