Lire, rêver, dormir : ces trois grandes jouissances de la vie consistent à s’absenter de la vie.
Source : Nuances morales, nouvelles pensées (1899)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
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Dans la contemplation, l’être rêvant apprend à s’animer de l’intérieur, il apprend à vivre le temps régulier, le temps sans élan et sans heurt. C’est le temps de la nuit.
La littérature est encore la manière la plus agréable d’ignorer la vie.
La dernière à se lever de son lit, tout simplement, comme si la vie entière était contenue dans les pages des livres, comme s’il suffisait de rester là, à l’abri, à contempler la vie de loin.
Le danger pour beaucoup d’âmes est de regarder la vie, de la penser et de goûter cette pensée sans la vivre.
Quand on aime la vie, on dort.
L’exhilaration : une mise en rêve et en ivresse de la vie même.
Journal intime. Relation quotidienne de cette part de l’existence que l’on peut se confier à soi-même sans avoir à en rougir.
Piètre mémoire, présence chancelante au monde, qui m’interdit de témoignage. D’où mon appétit de romancier, sans doute : l’imagination affamée de souvenirs s’acharne à recomposer la vie sur esquisses.
La vie s’exprime par des parenthèses. La mort par un point.
Attention à l’écart – c’est la distance entre la vie que vous rêvez et la vie telle qu’elle est.

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