La dernière à se lever de son lit, tout simplement, comme si la vie entière était contenue dans les pages des livres, comme s’il suffisait de rester là, à l’abri, à contempler la vie de loin.

La dernière à se lever de son lit, tout simplement, comme si la vie entière était contenue dans les pages des livres, comme s’il suffisait de rester là, à l’abri, à contempler la vie de loin.

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Rien ne s'oppose à la nuit
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La vie est trop insaisissable pour les livres, clarice…
C’est peu de chose, une vie qui se déroule au fil des pages d’un cahier noir.
La lecture était une retraite, un refuge contre le vacarme au-dehors.
Du reste, ce fragment de ma vie que je passe sous silence, le lecteur ne perdra rien à ne pas le connaître.
Chaque page ne vaut que lorsqu’on la tourne et que derrière, il y a la vie qui bouge, qui mêle inextricablement toutes les pages du livre.
Lire, rêver, dormir : ces trois grandes jouissances de la vie consistent à s’absenter de la vie.
C’est vrai que les livres nous protègent, dit-il, mais leur protection ne dure pas éternellement. C’est un peu comme les rêves. Un jour ou l’autre, la vie nous rattrape.
La vie lui semble si douce tout d’un coup, de ces moments où l’on se dit que l’on ferait bien une pause ici, que l’on arrêterait le marque-page de sa vie à cet instant précis.
Au fond, c’est ça la solitude : s’envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.
Chacun de nous a son passé renfermé en lui comme les pages d’un vieux livre qu’il connaît par cœur, mais dont ses amis pourront seulement lire le titre.

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