Nous sommes jusqu’au bout l’enfant de notre corps. Un enfant déconcerté.
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Journal d'un corps
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C’est le propre de la douleur de faire reparaître le côté enfant de l’homme.
Nous sommes les fils de nos pensées. » Tristes parents !
Elever un enfant c’est lui apprendre à se passer de nous.
Le long éloignement d’un enfant qu’on ne connaît pas encore affaiblit, anéantit enfin les sentiments paternels et maternels ; et jamais on n’aimera celui qu’on a mis en nourrice comme celui qu’on a nourri sous ses yeux.
Les enfants…
Nous n’existons vraiment que par ces petits êtres,
Qui dans tout notre cœur s’établissent en maîtres,
Qui prennent notre vie et ne s’en doutent pas,
Et n’ont qu’à vivre heureux pour n’être point ingrats.
Quand on a donné la vie à un enfant, on est devant lui comme un débiteur devant son créancier.
En tant qu’actrice, on est sans cesse face à sa propre mortalité : on se voit sur un immense écran, on voit notre visage changer avec le temps… Mais à l’intérieur de ce corps reste toujours l’enfant qu’on a été.
Le destin de l’enfant, c’était de naître.
Dès que nous naissons, nous pleurons d’être venus sur ce grand théâtre de fous…
Mais un fripon d’enfant, cet âge est sans pitié, …

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