Il avait le visage fermé des gens chez qui l’étonnement a coupé net l’élan de la fureur et qui dévorent leur rage en silence.
Écrivain, 1900-1998Il avait le visage fermé des gens chez qui l’étonnement a coupé net l’élan de la fureur et qui dévorent leur rage en silence.
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Adrienne Mesurat
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Beaucoup de choses peuvent se cacher dans le silence. Ou du moins tenter de s’y cacher. La plupart des émotions, savait-il, finissaient par sortir. Surtout la colère.
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
La terreur qu’il répandait était telle, que non seulement les gens du pays ne lui parlaient pas, mais qu’ils évitaient de parler de lui. On disait seulement : « Il a été en justice. ».
Le menteur à qui l’on retire son masque ressent la même indignation que si on le défigurait.
Quand un homme a peur, la colère n’est pas loin. L’irritation suit l’excitation.
Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor, dans l’air où vibraient leurs voix fortes,
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.
L’habitude de la défiance et du mensonge figeaient ses traits dès qu’il cachait un sentiment vif.
Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l’heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son cœur.
Dans la nuit démente, leurs visages apitoyés témoignaient de la peur d’être compromises.
Le silence, pour le criminel, retentit du cri de sa conscience, et la solitude se peuple de ses remords.

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