Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l’heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son cœur.
Écrivain, 1862-1923Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l’heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son cœur.
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La Colline inspirée (1913), chapitre III
… Quant à leur aîné, il est d’une autre essence; il a passé ces quelques semaines dans sa chambre à se laisser glisser au plus profond de la détresse. C’est un soir d’enterrement, quand l’orphelin se retrouve seul.Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l’heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son cœur.Des souvenirs, des idées, toujours les mêmes, lui tiennent compagnie, nets et pressants comme des fantômes, il voit la haute figure de Sion sur la colline, Sainte-Odile au milieu des bois et riche de ses prairies, Mattaincourt dans un fond, plus sévère, épaulé contre son église, …
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Et il réussit, par un effort surhumain, à entendre la part de souffrance exprimée par cet homme, comme par n’importe lequel de ses patients, cette part qu’il lui est intolérable d’écouter.
Carl fit une grimace et ferma les yeux. Le silence peut être une vertu, l’omerta est un vice. Un sacré putain de vice.
Il se jeta à genoux, les mains tendues. Et de sa bouche jaillit : « Christ ! Christ !… » (…) Longtemps, le silence régna. Puis la voix du vieillard s’éleva, brisée de sanglots : « Quo vadis, Domine ?… »
C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
C’était une véritable religion, le silence, chez cet homme. On appelle ça de la pudeur mais cela relève plutôt de la constipation verbale.
Et dans le vent qui chemine, c’est la nuit blanche des pleurs, dont la lumière orpheline, a vu le jour dans le cœur.
Ecoutez ce silence, quel grand fracas il porte en lui ; et rien ne sert de se couvrir les oreilles.
Il avait le visage fermé des gens chez qui l’étonnement a coupé net l’élan de la fureur et qui dévorent leur rage en silence.
Son cœur ne bat plus.
Parfait. Rien d’inquiétant dans un mort comme un cœur qui bat.
Le silence du cœur t’est nécessaire afin d’entendre Dieu partout – dans la porte qui se ferme, la personne qui te réclame, les oiseaux qui chantent, et les plantes, et les animaux.

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